QU'ON LUI COUPE !
Toute ressemblance avec des personnes réelles n'est pas fortuite.
Perdu dans Paris.
Arriver à Paris, c'est comme réconforter son égo. Mettre les pieds dans la capitale auto-proclamée plus belle ville du monde, et finir par y croire, permet d'oublier qu'on est plus fiers d'être français depuis un moment, mais qu'à une autre époque, on l'aurait été. On a toujours un brin de condescendance lorsqu'on regarde les touristes passer en se disant : "Pauvres fous, où pouvez vous bien vivre, ailleurs qu'ici?". Et ils le comprennent, puisque tout comme les personnes irradiées à la météorite de Smallville, les Parisiens, à force de vivre parmi tant de splendeurs, ont gagné, eux aussi, quelques pouvoirs.
Vivre à Paris, c'est d'abord accepter les règles du jeu. Avoir accès à la ville des Lumières n'est pas sans conditions. Premièrement, ils doivent accepter de sacrifier quelques années de leur vie, que la pollution, le stress et la mauvaise nourriture se chargeront de leur prendre. Au rythme où dégringolent les retraites, personne ne rechigne trop sur cette condition là, on préfère encore être un vieux mort qu'un vieux précaire. Vivre à Paris, c'est aussi accepter la perte d'identité la plus intense que l'on puisse vivre en France. Où, plus qu'à Paris, peut-on être si insignifiant, invisible, si relégué aux meubles? Plus personne n'espère se faire remarquer, puisque même en s'arrachant les doigts avec les dents au milieu d'une rue on n'impressionnerai plus personne. Un Parisien doit aussi accepter, qu'indubitablement, 5 heures seront retirées à sa journée. Le temps de transport, les files pour n'importe quoi, et les distances à couvrir en sont la cause. La conséquence, elle, est un concert constant de "j'ai pas le temps", "je suis en retard", "je suis pressé", agrémentée de regards névrosés et cernés. Enfin, un bon Parisien doit accepter l'étape finale pour devenir Parisien dans les transport en commun : la lobotomie partielle. Une partie de lui aura beau lui dire que le constat de 50 personnes voulant sortir de la rame devrait l'amener à monter après eux, il ne pourra pas se retenir de bondir au milieu d'eux, quitte à les violenter un peu. Que voulez-vous, il est pressé.
Mais des générations et des générations de Parisien, ayant vécu en supportant ces conditions, se sont adaptés. Ils ont alors développé des habilités particulières pour résoudre leurs problèmes. Pour pallier aux quelques années sacrifiées, et donc à la perte de consommation potentielle terrible que cela représente, ils ont eu l'idée brillante de monter tous les prix qu'ils pouvaient monter. Même le pain, qui a dépassé les 1 euro. Ainsi, en se ruinant pour leurs loyers, en se nourrissant encore, et en économisant pour se permettre tout le reste, le Parisien à le sentiment de vivre un surcroît de consommation qui le rassure. Il ne sera pas obligé de léguer son argent à ses enfants, ouf. Pour l'identité, le fait d'être Parisien devient pratique. En effet, les pouvoirs que cela confèrent sont un surplus d'identité. Et s'il ne rattrape pas le sentiment d'inexistence qu'apporte la ville, la migration de tout ce que le pays compte de psy, thérapeutes, somato-machins et autres trucopates est un avantage dont le Parisien sait profiter. Pour pallier à la réduction phénoménale de sa journée, à moitié bouffée par Paris, le parisien à trouvé une arme redoutable : il ne marche pas, il court. Avec des enjambées en moyenne deux fois plus longues que celles de tout autre français, il pense gagner sa course contre le temps. Et si jamais il est fatigué et pense à se reposer, il a la certitude qu'un "j'suis trop pressé", ou "j'ai pas le temps" le remettra sur le droit chemin. Cependant malgré toutes ces adaptations pleine de génie, les Parisiens n'ont pas encore trouvé comment se comporter de façon civilisée et réfléchie dans le métro. Il reste le théâtre d'affrontements bestiaux.
Malgré tout cela, les parisiens sont encore des français. Comme nous tous, ils font preuve d'une mauvaise foi à toute épreuve, et s'insurgent dès qu'on touche à leur Tour Eiffel alors qu'il y a 100 ans ils voulaient lui scier les pieds. Leur attachement en est touchant, et on ne peut que regretter, avec eux, que la décoration de la dame de fer ait été confiée à un collectif de Tecktoniks pour la présidence Française de l'UE. Quelle stupeur lorsqu'on découvre ce mélange de bleu fluo et d'étoiles, preuve de leur implantation dans les plus hautes sphères.
Ils sont une population chamarrée, peut être la plus diverse et la plus mélangée du pays, et rien qu'en cela, les parisiens forcent au respect. Et si se promener dans les quartiers de la capitale est un délice, c'en est un plus grand encore de regarder vivre les parisiens, perdu dans Paris.
Publié par Ouam à 10:22 3 commentaires
Libellés : La tête
High Contrast - Kiss Kiss Bang Bang
lundi 9 juin 2008
Publié par Ouam à 13:00 0 commentaires
Libellés : Le son
Threesome.
Nous nous imaginons, pour beaucoup d'entre nous, arriver à 30 ans avec un boulot plutôt sympa, une gueule de jeune premier(e), un appart' agréable, des voyages plein les poches, et quelqu'un qui partage notre vie. A ce stade là, je pense qu'il est à peu près facile de comprendre les choses. L'appartement et le boulot pour combler la peur de l'échec social, les voyages pour effacer la peur de l'ennui, la gueule de premier pour repousser au loin le botox, et quelqu'un pour combler la peur de la solitude, et surtout celle de ne trouver "personne". Mais cette personne, on a une curieuse façon de l'imaginer toujours présente, à côté de nous, disposée, aimante. En clair, on désire tous un meuble plutôt canon dans notre appartement sympa, qui puisse accessoirement passer pour un mec en soirée.
En fait, on aurait tous une sorte d'alarme. Il faut le/la rencontrer avant un tel âge, sinon on est foutus. Ce schéma est clairement inscrit, et on se figure tous qu'à un certain âge, qu'on imagine le plus lointain possible alors qu'il va se pointer à une vitesse folle, on aura derrière nous tout un tas de choses qui relégueront cette peur irrationnelle de l'échec au placard. Plus besoin de se soucier de la carrière, de l'argent, du logement, de l'amour, bref, une sorte d'eden où il nous resterait juste à tester les nouveaux produits sur le marché. Le problème, c'est que pour la plupart d'entre nous, cette âge pas si lointain va se pointer et l'alarme nous mettra une grosse claque. L'emploi génial sera sûrement un emploi jeune ou un quelconque équivalent précaire, l'appart' un petit 30m2 qui peut s'en sortir en ayant du charme, les voyages des gouffres financiers, et LA personne, celle qui nous complétera enfin, chassera la solitude, aura autant de chance d'exister que Casimir. Du moins, en chair et en os.
De toute évidence, en tant que génération issue d'une génération, nous sommes forcément des personnes dépassées, puisqu'éduquées avec des perspectives qui ne collent pas avec la réalité qui malheureusement est toujours actuelle. A nous de remuer nos fesses obsolètes pour essayer de se remettre au goût du jour. Et le goût du jour, lui, sans pour autant dire que la personne immuable faisant partie des meubles n'existe pas, à une sérieuse tendance à remettre le couple en question. Quelle vision du couple garde-t-on aujourd'hui? Quelle vision doit on garder, surtout? Il serait idiot de croire qu'un couple comme on l'entendait il y a 50 ans puisse subsister aujourd'hui. Et sur tout de croire qu'à cette époque, la vertu était partout. Non, on restait ensemble de peur d'être lapidé, et on était fidèle parce-que les seules personnes libres venaient d'être lapidées. Pas très alléchant.
On a l'impression que le XXIe siècle nous à amené sur un plateau le couple libéré. Mais quoi, est-il vraiment possible? Ne va-t-on pas finir comme nos parents, sclérosés dans une relation unique? Sans partir sur l'étude de la nature humaine, cette option paraît difficile à suivre. Et d'autant plus aujourd'hui, où l'on peut être partout, avec tout le monde, rien ne nous oblige à respecter des règles quelconques. Cela dit, on voudrait bien pouvoir adhérer à cette logique, mais non, dans un coin de nos têtes, y'a toujours cette connasse de Cendrillon et sa ceinture de chasteté qui nous font la morale. Pas si facile de faire passer des fesses obsolètes dans la modernité. Mais d'un autre côté, qui a envie d'arriver à 50 ans, et de se rendre compte qu'il n'a dans ses souvenirs que des amours classiques, des relations claires, des expériences normées?
L'avantage, c'est d'avoir dépassé, du moins je l'espère, la frontière salope / prude. Aujourd'hui, on conçoit qu'une relation libre ne soit pas qu'une relation de sexe. Fini les catins dont le seul tord était de vouloir vivre des choses un peu plus intenses que ce que la société leur prescrivait pour calmer leurs névroses. Si on a amené l'individualisme si loin, c'est avant tout pour être libres. Non pas pour se retrouver vieux, seuls, sans amour ni famille, mais surtout pour apprendre à posséder différemment. Puisque les schémas ne sont que des schémas, on aurait tord de ne pas en changer.
Publié par Ouam à 12:55 0 commentaires
Libellés : La tête
Le zero abyssal
jeudi 5 juin 2008
Etre inoccupé, pleinement inoccupé, au sens de la plus profonde et intense glandouille, peut être un réel bonheur. Cependant, comme tout bonheur, il souffre des conditions sans lesquelles il n'a pas lieu d'être.
Tout d'abord, la lascivité aiguë demande une ville, plutôt grande, animée, belle, grouillante de personnes et de lieux à découvrir. Nous prendrons, au hasard, Lyon, bien que Dunkerque ait été sérieusement étudiée. La ville, c'est un sac aux merveilles d'occupations en tout genre. Occupations pour les papilles, pour les yeux, bref, il y a des centaines de façons de profiter de la ville. De la promenade au pique-nique, du shopping aux expos, de rencontres en rencontre, le temps file déjà bien plus vite. Et la vitesse à laquelle passe le temps en pleine période de glande est primordiale. La ville à l'avantage considérable d'être toujours surprenante. Une action de rue, un petit festival, une animation quelconque et on se retrouve à dix milles lieues de ce que l'on pensait faire originellement.
Le summum de la glande demande des amis. Présents, à l'écoute, avec leurs expériences et leurs récits, mais surtout, eux aussi en période de glande. Puisque lorsque la ville est vide de nouveauté, et cela arrive parfois, une ville n'étant pas infaillible, il faut se dégoter une occupation coûte que coûte. Et là, l'ami est une véritable crème. Premièrement, l'ami est plusieurs. Si l'un est défaillant, un autre le remplace. Il faut donc tenter d'avoir des amis aux performances comparables dans plusieurs domaines : endurance, intérêt, humour, culture, comportement, histoire de ne pas toujours privilégier les meilleurs, et, au final, des les épuiser. Chacun connaît les ravages du manque d'amis, alors autant en prendre soin, puisqu'ils sont une ressource inépuisable de nouveauté, d'occupation, de rire et de stimulation en tout genre. Ensuite, l'ami est modulable, il s'adapte aux situations, il n'est pas utilisable que dans certaines occasions précises. Il peut supporter la chaleur, la pluie, l'ennui, et la douleur du moment que sa cause n'entraîne pas la mort ou un état d'inutilité semblable. Pour finir, l'ami est un temple de ressources, puisque, aussi étonnant que cela paraisse, il possède une vie propre et une individualité. Il a donc ses propres amis, pouvant devenir aussi des amis, ses rencontres, ses anecdotes, ses super groupes de musique, ses conseils de films, etc etc...
Pour finir, des éléments bassement matériels sont nécessaire. Tout d'abord, une bonne réserve constituée d'alcool et autres drogues douces, afin de faire passer les heures plus vite et de façon plus comique. Ensuite, des jeux de société, livres, entre moult activités artistiques ou intellectuelle, histoire que glandouille ne soit pas synonyme d'apathie. Conserver sous le coude des albums et des films à visionner et écouter, des magazines à feuilleter, et pourquoi pas divers projets qui vous prendront avec délice un peu de temps.
Et si jamais vous ne savez pas vraiment quoi faire de votre temps de glandouille, il vous reste toujours la possibilité de choisir un sujet au hasard et d'écrire dessus.
Publié par Ouam à 20:23 0 commentaires
Libellés : La tête
Will Pearson
lundi 2 juin 2008

Je vous propose d'aller faire un tour sur le site du photographe britannique Will Pearson. Ses photos panoramiques et ses "perspectives alternatives" sont excellente. A ne pas manquer : la suite de panoramas de Londres qui est magnifique.
http://www.willpearson.co.uk/
Publié par Ouam à 11:57 1 commentaires
Libellés : L'art
Balkan Beat Box - Habibi Min Zaman
samedi 31 mai 2008
Publié par Ouam à 12:58 0 commentaires
Libellés : Le son