Toute ressemblance avec des personnes réelles n'est pas fortuite.
Balkan Beat Box - Habibi Min Zaman
samedi 31 mai 2008
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Libellés : Le son
Peu de lettres pour construire le futur : A... N... P... E!
Trouver un boulot, aujourd'hui, ça n'est pas vraiment facile. Sans rire. On a toujours l'impression qu'en se pointant dans les magasins on va se voir offrir l'emploi de rêve, le mois agréable mais occupant en même temps, le beurre et l'argent du beurre (plutôt salé de préférence). Or il n'en est rien. Et j'ai la ferme certitude que ceux qui continuent à lancer des "mais non, il suffit de s'avoir s'y prendre" suivi d'un rire méprisant-mais-pa-trop font partie de la catégorie que les chercheurs d'emplois déteste : les pistonnés. Les pistonnés sont les couples du travail. Les célibataires détestent les couples, parce qu'ils sont chiants, parce qu'ils s'étalent, qu'ils s'affichent, en bref, le monde est à eux, les célibataires ramassent les miettes. Et bien ceux qui cherchent définitivement un emploi détestent les pistonnés, puisque tout est facile, et qu'en plus, on est moins souvent pistonné pour un boulot à l'usine qu'on y est envoyé par intérim. En bref : ceux qui n'ont pas de pistons ramassent les miettes. Lorsqu'il y en a.
C'est quand même fou qu'actuellement, dans n'importe quel magasin, il faille laisser une lettre de motivation pour voir sa candidature éventuellement étudiée. Soit, je comprends bien qu'entre deux cvs égaux elle peut faire la différence, mais il est clair que la photo tranche en premier. Alors la lettre de motivation, c'est un peu une grosse hypocrisie. "Cher responsable de chez Celio, depuis enfant, je rêve d'être vendeur dans votre magasin, afin de m'épuiser toute la journée à expliquer à des clients aussi cons qu'illettrés des choses inscrites sur des affiches, de gagner un salaire de misère et en plus d'être traité comme une sous main d'oeuvre, puisqu'étudiant. Je vous en prie, offrez moi ma chance". Puisque tout le monde sait que l'argent est le seul motif, qui pousse les étudiants à accepter des emplois aussi inintéressant, et qui pousse les responsables à accepter des petits péteux suffisants qui les méprisent en secret, pourquoi ne le dit on pas? Evidemment "GIMME FLOUZE" c'est un peu à proscrire sur un cv, mais cracher des tonnes de lignes de lyrisme surmonté d'un peu de pathos, au final, c'est plutôt illisible et gerbant. Sans parler des formules de politesse alambiquées auxquelles on préférera un "Cordialement".
Et ce n'est pas tout. Puisqu'une fois cv et lettre de motivation rédigés, il faut démarcher. Et quel plaisir. Pour ne pas être de mauvaise foi, il faut avouer qu'on trouve parfois des personnes adorables, avenantes, qui comprennent que c'est pas forcément facile de débarquer pour la première fois en sortant un truc équivalent à "Avant j'étais un tas de viande, aujourd'hui je suis un tas de viande qui s'achète. Achète moi". Et puis, il existe la masse impersonnelle et immense des autres. Le problème des grosses structures, c'est que personne ne sait rien. Les vendeuses ne savent pas où l'on pose les cvs, au 3e étage paraît-il mais elles ne savent pas comment on y va, puisqu'elles sont vendeuses au rez-de-chaussez, comprenez que c'est quand même dur de changer d'étage. Les responsabes ne savent pas si l'on a du travail en Juin, alors laissez moi donc votre cv. Oui mais j'aimerai ne pas raser l'Amazonie pour trouver une rémunération égoïste donc êtes vous sur? Et bien non mais laissez donc un cv. Bref. C'est à se taper la tête contre les murs.
Le plus drôle, jusqu'ici, c'est d'envoyer l'étudiant en agence d'intérim. Et ce fut mon cas. Après un salut polis, on me demande très clairement de détailler mes compétences. C'est là que le bât blesse. On se rend compte, qu'étudiant, on est obligé d'admettre que l'on a aucune compétence. Non, on étudie Droit, Economie, Politique, Actualité, Philosophie, Langues, Histoire, mais niveau compétence, zéro, nada. Un désert de beurre sur une tartine en manque de confiture. On se voit donc répondre que l'on va très certainement finir à l'usine, la pire chose en cela n'étant pas le travail en lui-même mais le vide mental atroce qu'il occasionne.
Si le piston tombe, on chéri la vie de nous avoir permit de rejoindre le camp des winners. Lorsqu'il ne tombe pas, on déteste secrètement papa et maman d'avoir encore une fois loupé quelque chose.
Publié par Ouam à 12:47 0 commentaires
Libellés : La tête
The Last Shadow Puppets - The Age of the Understatement
Publié par Ouam à 12:02 0 commentaires
Libellés : Le son
Il est 19h52, vous pouvez commencer.
jeudi 29 mai 2008

Les partiels, c'est un peu la descente aux enfers. Comme s'il ne suffisait pas de jouer son semestre, et même son année sur 4 petits examens de 2 ou 3 heures, les partiels, ça signifie aussi revenir sur son lieu d'étude, au temple de la connaissance, bref, à Science po. On peut le dire avec plus ou moins de tact, mais ce qui est certain, c'est que lorsqu'on travaille depuis un mois pour avoir son année, que l'on dort mal car on est stressé même la tête au fond de l'oreiller, qu'on doit se concentrer pour faire ressortir toute cette science qui nous vaut le statut d'élite de la nation, et bien tout simplement, on n'a pas du tout envie de revoir toutes ces têtes de cons qui ne nous avaient pas manquées pendant les révisions. Ajouté à la réalisation soudaine que non, on est pas encore en vacances alors qu'on s'y croyait, et c'est très certainement la pire période de l'année.
Alors en fait, en période de partiels, on a tendance à lâcher tout ce qui ressemble de près ou de loin à des pincettes sociales. On ne prend pas la peine de répondre à ceux que l'on ne peut plus blairer, ni de sortir encore des "bonjours, comment ça va?" qui sont un calvaire. On se fait chier, tout le monde se fait chier, bref, c'est pas le moment de venir chatouiller l'Ours avec du miel avarié.
Cependant, les partiels ont aussi un bon côté. Premièrement, ils permettent de revoir ceux qui échappent à la mention "tête de con", et ça, ça fait plutôt plaisir. Ensuite, ils occasionnent des moments de fou-rire intense, de nerfs qui lâchent, et de complicité accrue. On est tous là pour la même chose, alors autant en rire. Et puis surtout, ce qu'on aime dans les partiels, c'est leur fin. Surtout quand celle-ci est synonyme de soirée au bord des quais et de beuverie copieuse.
Mais le plus drôle dans tout ça, c'est d'observer les gens en plein partiel. On se fait vite à l'odeur de neurones grillées, car oui, réfléchir beaucoup ça sent, et pas forcément très bon, mais on s'habitue beaucoup moins aux têtes des gens en pleine réflexion. On pourrait même s'amuser à les classer. Les ticqueux, qui répètent tout le temps le même mouvement qui à se démettre le cou où la mâchoire, et surtout à être ridicule. Les mélancoliques, qui font de grandes pauses, la main sous le menton, le regard perdu au loin, dans le vide, vers des cieux plus cléments. Les bonasses, qui n'oublient pas de rester hyper-cambrées même si elles se démettent le dos pendant les 4 heures de l'épreuve d'histoire. Et surtout, surtout, les terroirs, qui réfléchissent tant qu'ils en oublient que se gratter le nez, même en partiel, n'est pas très élégant, et j'en resterai au nez par soucis de pudeur. Pour ma part, je pense que je me classerait dans les ticqueux, avec une forte tendance au hairflip (voir Chris Crocker).
Il est bon de savoir que l'univers finit toujours par retrouver son équilibre naturel : les vacances sont là, plus de cours ni de partiels, seulement la douce certitude que les 3 mois qui s'annoncent vont permettre d'oublier tout ce qui a été apprit durant les 9 derniers.
Publié par Ouam à 18:57 0 commentaires
Libellés : La tête
La Cuisine de Nicolas
mardi 27 mai 2008
Est une mini série d'épisodes de moins de dix minutes relatant les aventures palpitantes de l'Elysée.
Jamais Marianne n'a été aussi caractérielle. Et ça lui va plutôt bien.
Publié par Ouam à 16:51 0 commentaires
Libellés : La vidéo
Fort Fort Lointain.

Le prince charmant est un peu con. Dans son royaume, il s'imagine toujours qu'il existe 3 types de créatures qui importent : les princes (ou princesses, pour ceux qui sont encore hétéros), les méchants loups, et les vieilles belles-mères griffues. La vie s'écoulait ainsi entre les viles attaques des bêtes qui espéraient se faire charmant, les pommes empoisonnées des vieilles morues et les sourires étincelants des princes. Le problème, c'est que le prince n'a rien capté. Les loups sont depuis belle lurette tombés sur un exemplaire de peau d'âne volé à la belle-mère maléfique, ont appris à se déguiser en princes et remplacé ceux qui attendaient encore sous les douves avec un bouquet de roses. En bref, adieu les princes, et ça, charmant ne l'a vraiment pas compris. Au fil du temps, à force de se taper des loups, il s'est peut-être rendu compte d'un léger changement, mais rien à faire, il est resté le prince charmant, forcément un peu teubé.
Du coup, pour les loups, la vie est devenue bien plus facile. Plus de princes pourfendeurs de bête, quand l'animalité domine, tout est beaucoup plus simple. Alors, dans les rues de Fort Fort Lointain, les loups s'en donnent à coeur joie. Et ici, on à un peu tendance à faire pareil. Parfois, on se demande si on se fait pas du mal, à mater le prince charmant à tous les coins de rue. Ce serait comme s'allécher en regardant une poule s'ébattre sans pouvoir la croquer. Dommage. Mais le fait est là, depuis que les charmants sont au placard, et les conventions dans les poches, on peut s'en donner à coeur joie dans la rue, quitte à être parfois franchement sale. Mais là, j'ai envie de dire : Et alors, t'aime pas quand c'est dégueu? Quoi qu'il en soit, le matage est un art subtil qui demande expérience et réflexion. Bien sur, on peut se jeter dans la foule comme un mal-propre, balancer ses yeux sur le moindre pantalon serré ou sur le premier t-shirt moulant. Mais non, ici, je parle d'art, pas de répandre ses hormones partout.
Mater, ça ne se définit pas exclusivement à la rencontre inattendue : pof, wahou, il est trop beau, bave et autres comportements ridicules, puis fin. C'est être aux abois, à l'affût, c'est prévoir l'arrivée du charmant, et surtout, surtout, n'en manquer aucun. Car puisqu'il s'agit là uniquement de matage, la qualité, l'approfondissement, bref, les trucs de meufs, on a pas vraiment le temps pour ça. Alors la quantité passe d'abord, et il faut, à 30 mètres de distance, repérer clairement la silhouette, les cheveux, le contour du visage, histoire de se faire une définition approximative de la personne, et finalement de savoir laquelle de toutes celles qui nous entourent méritera un examen approfondis lorsqu'on la croisera. J'imagine vos têtes en lisant ça, si le matage n'est pas votre sport favoris. Eh oui, ça demande une concentration extrême, et c'est, à la longue, très épuisant mentalement. Mais ô combien gratifiant. Revenons à nos moutons.
Les loups vivaient donc heureux, matant à coeur joie le pauvre prince charmant ne se doutant de rien, et le croquant parfois. Mais un beau jour, sûrement à cause d'un sortilège quelconque de la belle-mère, tout à changé. On a pas bien compris pourquoi, mais le prince charmant est devenu bizarre. Non seulement, il s'est permit, contre la volonté du Comité des Loups, d'adopter les même comportements qu'eux, mais en plus, et c'est bien là le pire, le prince charmant à mit la main sur un bouquin intitulé "Vous aussi, devenez bisexuel". C'est à ce moment que l'équilibre du monde à commencé à se fissurer pour nous tomber petit à petit sur la gueule. Le complot des Loups à été déjoué, le prince charmant s'est réveillé de sa torpeur, et on à même plus pu être à l'aise dans la perversion ou la déviance en espérant un jour être guéri par LE prince, puisque tout le monde est devenu pourri, comme la pomme de la belle-mère.
On a eu beau revendiquer que de toute façon, les centristes sont une sale race d'indécis qui ennuie tout le monde, certains princes n'en on pas démordu, et sont restés hors des frontières connues. A partir de ce jour, tout est devenu plus compliqué. Les loups n'ont plus pu se nourrir en toute insouciance, puisque d'un coup, la poule, le prince, ce que vous voulez, avait la possibilité de choisir une troisième voie. Vachement compliqué. Et ici, fort fort loin de Fort Fort Lointain, encore une fois, c'est la même. Avant, on était bien peinard à croire que de toute façon charmant était forcément gay, ou hétéro, mais ça, on pouvait facilement le sentir. Mais non, maintenant, charmant peut, en plus d'être hétéro, être bisexuel. C'est franchement fatiguant. On ne sait plus vraiment à quoi s'en tenir, et on se demande toujours si charmant ne va pas aller se chercher une louve pour le quatre heure. Si en plus, il est plus teubé que la moyenne et qu'il raconte ses aventures sexuelles, on finit carrément remonté contre lui.
Bientôt, à Fort Fort Lointain, pour être sur de savoir à qui on à affaire, on finira par tous aller voir la belle-mère.
Publié par Ouam à 13:24 0 commentaires
Libellés : Le gay-ridon
Chinese Man - Indi groove
mercredi 21 mai 2008
Publié par Ouam à 12:09 0 commentaires
Libellés : Le son
Old hour.

Il y a déjà un moment, que dans notre beau pays, on a réalisé que l'intervention de l'Etat était plutôt bénéfique pour nous. Avec un effort d'objectivisme, on s'est vite rendu compte que l'homme livré à lui-même était plutôt un loup qu'un mouton, et du coup, on à rapidement instauré la société et l'Etat interventionniste, histoire de pouvoir moutonner en paix. Mais voilà, de toute évidence, c'était bien bête de croire qu'en moutonnant le monde allait devenir un vert pâturage. Enorme déception.
D'abord, l'Etat n'a pas mit fin aux morts, aux meurtres, aux délits, aux crimes et autres choses horribles qui menacent tout bon loup qui s'est oublié et moutonne tranquillement. Il est condamné à perpétuellement faire la course aux mauvais, sans aucune possibilité de les prévenir, et c'est peut-être tant mieux, on a vu ce que le contraire pourrait donner dans Minority Report. Mais bon, on est bien content que les vils soient traqués, les perfides démasqués, les pourris désinfectés. Ensuite, l'Etat à fait ce qu'il à pu pour résorber les inégalités. On se demande encore si l'idéal égalitaire ne cache pas une machine de reproduction sociale, mais dans l'ensemble, on est tranquille, il paraît qu'on aide les pauvres et les malheureux.
Mieux : l'Etat nous permet d'abuser du médecin, des médicaments, des radios, des fractures et autres blessures en tout genre. On aurait presque envie de se faire mal exprès. Il nous permet aussi de justifier la flemme d'utiliser une capote et les 16 enfants qui en découlent. Non, on ne fait pas chier le monde entier pour rien avec sa foule de gamin geignards, on touche aussi les allocs'. En plus de rémunérer la surpopulation, l'Etat prend soin de nous. Il nous donne l'accès à une justice, nous élève, nous protège, et même contre nous mêmes, s'il le faut ! Ben oui, c'est sur, on serait tous tentés de ne jamais mettre une ceinture de sécurité, mais il le faut, sinon, on peut mourir. On nous empêche aussi de fumer, parce que ça n'est pas bon pour notre santé. On s'inquiète des gros, donc on fait des campagnes nationales de peur de finir Américains, et on évacue les malformés avant la naissance, histoire de ne vraiment pas avoir une gueule d'Américain. En fait, c'est plutôt simple : pour rattraper les 16 gosses fournisseurs d'allocs', plutôt que de laisser mourir certains, on empêche de vivre d'autres. C'est une solution.
Evidemment, l'Etat ne fait pas tout ça comme ça. Il est sage, mûr, réfléchis, expérimenté. Il se demande avant chaque action s'il n'outre-passe pas son pouvoir. Alors parfois, plutôt que d'interdire, il préfère augmenter les prix, pour sensibiliser, et par conséquent augmenter sensiblement ses recettes, pour rester le gentil. Sauf que ça ne marche pas pour tout le monde : quand on est pauvre, on se rend bien compte qu'on s'est fait avoir. Et que le connard de riche, en face, lui, on le laisse se tuer parce qu'il à des sous.
Au delà de mes complaintes d'ex-fumeur frustré, j'ai plutôt autre chose en tête. Je suis très content qu'une Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie (MILDT) permettent au gouvernement de surcharger encore plus l'administration de l'Etat et de rémunérer des cabinets et des commissions aussi opaques qu'une barrette de shit, et occasionnellement aide aussi les personnes dans le besoin à se défaire de leur dépendance, mais je reste dubitatif lorsqu'on veut toucher à l'happy hour. C'est vrai, on pourrait renforcer les centres d'aides aux personnes dépendante au lieu d'avoir ces vieux planning familiaux pourris comme intermédiaire, subventionner des association de sensibilisation aux drogues qui ne seraient pas là pour juger mais informer, mais non, on préfère empêcher les étudiants, principaux consommateurs d'happy hour, de s'amuser.
Il faut croire que la gérontocratie est à nos portes. On ne se lève plus assez tôt, on ne travaille pas assez, on veut trop s'amuser. Il va bientôt falloir faire semblant de ne pas vouloir profiter de la vie dans un pays riche. Si bien qu'on ne pourra même plus aller boire une bière avant d'aller, comme des vieux, se coucher tôt.
Publié par Ouam à 12:06 1 commentaires
Libellés : La tête
Richie Havens - Tombstones blues
mardi 20 mai 2008
Publié par Ouam à 13:40 0 commentaires
Libellés : Le son
She ain't got no shoes

La mixité sociale est une chose incroyable. Son inventeur, bigrement doué au passage, à très certainement révolutionné les rapports humains, à l'époque. C'est vrai, on aurait pu rester entre riches nobles, riches actionnaires, riches héritiers, riches acteurs, riches chanteurs et j'en passe, mais non, la mixité sociale à fait son apparition. Et là, les riches se sont soudainement mélangés. Incroyable. Puis petit à petit, l'idéal ouvrier s'est effacé et les classes moyennes, la grande invention du XXe siècle, se sont jetées dans la mêlée. Et c'est ainsi que des fils de commerçants, d'artisans, d'industriels formant une sphère bourgeoise locale on pu s'en donner à coeur joie, imiter les riches, et parfois même les côtoyer. Evidemment, les pauvres sont restés en dehors de la mêlée, mais, eh, quoi dire, ils sont pauvres!
Dans le milieu étudiant, niveau mixité sociale, mon expérience personnelle tendrait à comparer la réussite du gouvernement à la dernière prestation publique de Mireille Mathieu, pour le couronnement de Sarkozy. Autant vous dire que ça n'est pas du joli. Mais bon, quand on est à science po, on peut pas non plus demander que "l'élite de la nation" soit constituée de fils d'ouvriers. Tout le monde en est conscient et vit très bien avec, c'est la dure réalité de l'IEP. Cependant, la sphère étudiante, celle dans laquelle tout étudiant pourvu de vie sociale baigne, elle, est plutôt mixte. En terme de classe sociale premièrement, mais aussi en terme d'orientation d'études. Cette sphère, ce sont les personnes qu'on rencontre lors de soirées, les amis d'amis qu'on nous présente, ceux qu'on accoste complètement bourré dans la rue ou encore des gens que l'on rencontre par intérêts communs pour telle ou telle cause.
Et il faut le dire, tout ce mélange, c'est le pied. Les soirées bigarrées promettent toujours de bons moments. C'est ainsi que hier soir, je me suis retrouvé avec cinq étudiants en Art, un ingénieur de l'INSA, une ex-étudiante en école d'infirmière basculée dans le stylisme, deux étudiants en musicologie, un en BTS managment production artistique, une étudiante en mode, une étudiante en puériculture et un science-po qui n'est autre que moi-même. Le début de la soirée est très largement squatté par les étudiants en Art, ainsi que la conversation autour de la table, ce qui ne manque pas de la rendre incompréhensible pour moi et mon ami BTS (c'est ainsi qu'il sera nommé). Arrive le moment fatidique où l'on me demande ce que je fais, suivi d'un grand silence. Et moi de lâcher : Science po à Lyon. Entre ébahissement, rires cyniques et incompréhension, j'ai vite compris que pour des étudiants en Art, c'était un peu synonyme de purgatoire, quasiment d'enfer. Cependant, cela n'empêche personne de s'intéresser à ce que fait l'autre, et la conversation continue joyeusement.
Arrivent mon ingénieur et les étudiants en mode et musicologie. Une partie des étudiants en Art s'en va, car ils ont tous un concours demain. On reste entre intimes, bien rodés à l'appartement de Mr. BTS. Une amie doit finir son dossier pour le concours du lendemain, et commence donc à assembler ses créations pour les présenter au jury. Tout le monde la regarde du coin de l'oeil en essayant de rationaliser et de trouver le pourquoi de tel ou tel collage. Puis la fièvre en prend deux trois, et ils partent dessiner pendant plus d'une heure.
C'est le genre de choses qu'apporte la mixité. Des conversations parfois incompréhensibles mais toujours enrichissantes, et des situations inhabituelles et sympathiques. On se rend finalement compte, et pourtant je n'échangerai mes soirées science po pour rien au monde, que nos études ont une influence gigantesque sur notre personnalité et nos sujets de discussions. Rien que notre façon d'aborder une question en est changée.
Et même si les blagues inter-école sont pour certaines très drôles, mais globalement incompréhensible pour beaucoup de gens, relativiser un peu n'est jamais un mal, et rencontrer de nouvelles personnes non plus. On peut aussi partager des ragots et des rumeurs sur des communautés que l'on ne côtoie pas. En parlant de ça, il paraît que dans les soirées médecine ça bite dans tous les coins.
Publié par Ouam à 13:31 1 commentaires
Libellés : La tête
Liberté, Egalité, Fraternité, ou la mort.

Si les provinciaux correspondent tout à fait à l'idée qu'on a raison de s'en faire, c'est à dire vulgaires, habillés chez Monsieur 10 francs, à bêcher leur jardin continuellement et à parler avec un accent à couper au couteau, il n'en est rien des citadins. Non, les citadins ne sont pas des personnes inaptes à toute activité manuelle comprenant ou non un brin de nature, à la moindre odeur de bouse, incapable de quitter leurs villes adorées ou de trouver quelque chose les satisfaisant autant. Non, les citadins n'ont pas tous la peau grise de pollution et les oreilles saignantes de bruit, un compte Meetic sous le bras comme seule vie sociale et un Mc Do comme seul moyen de se sustenter.
L'avantage d'avoir été les deux au cours de sa vie est indéniable. N'ayant pas d'autre sujet d'expérimentation sous la patte, je prendrai mon propre cas. Toute personne douée de raison comprendra vite qu'entre l'Ardèche, seul département français de métropole ne disposant d'aucune gare voyageur dont la spécialité est la "ville-rue" de moins de 1000 habitants, et Lyon, deuxième ville de France, coeur de la région Rhône-Alpes, le fossé est énorme (et je pèse mon mot). Mais une fois le fossé franchis, on rigole plutôt bien. On peut appréhender des paysans perdus dans la rue sans leur sortir un dévastateur "mon brave" et filer ensuite à H&M, ou bien reconnaître un accent local et s'en moquer instantanément avec ses amis citadins.
Le problème, c'est qu'on est vite avalé par la ville. Et lorsqu'il faut en sortir, galère galère. On se rend alors compte à quel point les petites chaussures c'est mignon, mais pas commode, les t-shirt & gilet plutôt sympa, mais lorsqu'on à l'appart à côté pour se changer si jamais il pleut. En bref, perdu sur une aire d'autoroute et sous la pluie, les citadins ont bien l'air con. Ils se demandent alors si la société, sacro-sainte vierge ne les aurait pas lâché, et pourquoi personne n'a eu l'intelligence de construire un arrêt de bus et de métro entre l'A 5 et l'A 31, pour ceux qui n'ont pas de parapluie? La conclusion générale, c'est qu'hors de la ville, tout est bien mal construit, et que si on avait été en ville, peut-être que Métro aurait eu l'idée de faire une action de promotion en distribuant des parapluies gratuits, bien que verts et hideux.
Cependant, lorsqu'on est étudiant, sortir de la ville, même si c'est dur, c'est plutôt sympa. On trouve une compensation à toutes ses peines. L'accès à msn est remplacé par de véritables conversations entre amis que l'on retrouve après plusieurs semaines de séparation, l'excitation de ne pas savoir où sortir tant il y a de choix est supplantée par celle d'être ensembles, les Mc Do par des plats fait maison à tomber par terre, les bières à 1 euro 20 par du vin et du champagne de qualité, les appartements exigus par de belles maisons spacieuses et le métro puant et bondé par une voiture bien pratique. Et lorsqu'on a de la chance, la musique de l'ordinateur portable est remplacée par un ami au piano. On finit par aimer le fait de pouvoir tout allier : confort, espace, sortie, discussions, vrais repas et musique, et on ne se prive pas d'en profiter. Les parents, c'est un voyage 1ère classe en TGV qui remplace l'habituel TER pourri.
On s'étonne de savoir qu'il y a des événements culturels organisés dans une autre ville que la sienne, on ose pas trop demander s'il y a internet jusqu'à ce qu'on aperçoive par surprise un écran d'ordinateur, et on découvre des endroits qui mériteraient de faire partie de sa ville. Bref, c'est un étonnement constant que de quitter la ville, on finit par réaliser que non, on ne nous avait pas menti, la vie existe en dehors du Grand Lyon, et même mieux, le bord du monde à l'air vachement loin. On peut même rencontrer des autochtones.
Lorsqu'on rentre, on est triste de quitter toutes ces endroits à découvrir et de retourner s'entasser dans des 20m2. Puis on passe devant un Mc Do, devant ce-magasin-qui-à-de-bien-belles-chaussures, on se moque de la plaque d'immatriculation de la voiture de devant, et en un tour de main, on redevient citadin. Et en réfléchissant, on se dit qu'on a peut-être été trop vite dans son jugement, le bord du monde doit être juste après Paris.
Publié par Ouam à 13:05 0 commentaires
Libellés : La tête
Porcupine Tree - Normal cut
vendredi 16 mai 2008
Publié par Ouam à 10:14 0 commentaires
Libellés : Le son
Pression artérielle (vous comprendrez)

Aldous Huxley est un auteur britannique de la première moitié du XIXe siècle. Non seulement connu pour avoir écris "Les portes de la perception", racontant un trip de plusieurs heures sous mescaline avec masse de description et d'explications quant à la préparation de la "dose", il est aussi et surtout célèbre pour avoir écris "Brave New World", une véritable dystopie dans laquelle une société très proche de la notre est passée maître de sa destinée par le contrôle des naissances. Les naissances sont donc programmées suivant des classes portant le nom des lettres grecques, alpha, beta, gamma delta etc...
Prenons un exemple : les aphas. Ils sont tous grands, blonds aux yeux bleus et blancs, très cultivés et d'une intelligence redoutable. Les betas apparaissent comme leurs homologues à la peau noire. Quant aux lettres de fin de l'alphabet grec, ils sont les ramasseurs d'ordure, avec une conscience mais sans raison, et un intellect aussi grand qu'un tube de colgate. Evidemment la portée raciste et stigmatisante est voulue puisque l'on est dans le contraire d'une utopie.
Maintenant, bien loin de moi l'idée d'appliquer cette classification à notre société, mais j'admet que je la reprend en un point. Implicitement, je conçois l'existence d'une sorte de classe alpha. La couleur de leur peau ou leur intellect n'est pas la caractéristique qui les classe en tant que tel mais plutôt quelque chose qui se rattacherai au fait d'être "une personne bien".
Je crois qu'on en a tous dans notre entourage. Des personnes qui nous font regretter d'être si méchant, prompt au jugement, railleur, critiqueur, moqueur, et j'en passe. Je ne parle pas ici de ceux qui ont cru bon de garder un Jiminy criquet imaginaire au XXIe siècle. Les coincés à fausse conscience ont tendance à m'énerver. Il est clairement facile de s'interdire d'être méchant, mais si l'on se l'autorise, il est beaucoup plus difficile de supprimer l'envie de méchanceté. C'est bien pour ça que tous les criquets finissent bouffés par des baleines : finalement, ils ne remuent que du vent.
Cependant, il existe des individus qui soit font preuve d'une bonté extrême, soit d'une force de caractère incroyable, soit d'une intégrité et d'un dévouement à toute épreuve. Et sans s'en rendre compte, au fil du temps, on finit par admirer ses personnes que l'on côtoie tous les jours. Il serait plus simple de les détester et de se dire qu'au fond, comme nous, ce sont sûrement des menteurs, des tricheurs, de gros cons, quoi. Et pourtant non, impossible, on reste juste béas. Pas pour le fait qu'ils nous renvoient encore plus notre imperfection, mais plutôt pour ce qu'ils sont comme ça de nature. Au final, on aimerait être comme eux un temps, et puis on finit se dire que non, parce qu'on aurait la flemme. C'est sur, avoir ce genre de qualités qui élèvent un peu le genre humain, ce doit être fatiguant.
Il a des gens qui parviennent à s'imposer une discipline fixe et s'y tenir, avec des valeurs, des points de vue qu'ils défendent parce qu'ils y croient. Et le pire, c'est que parfois, il n'y a même pas un surplus d'égo pour venir pourrir le tableau, non, ils sont sincères, ils n'essaient pas de se faire mousser. On admire. Il y a des gens dévoués, qui feront toujours passer les personnes qui importent avant eux, quitte à remplir la moitié de leur emplois du temps de tâches qui, au premier abord, ne leur apportent pas grand chose. Et dans un monde où le "je suis content de voir que tu es simplement content" apparaît si con, l'existence de ce genre de personne est plutôt incroyable. On admire. Il y a des gens qui sont intègres, qui ne se trahissent pas, même quand la tentation est grande. Vous savez, on l'a tous vu ce film à petit budget de Disney où une adolescence (toujours blanche et mignonne) laisse tomber sa pote (black et grosse) pour rejoindre les filles branchées. Ca, ce n'est pas de l'intégrité, et si l'on réfléchis, on se rend compte que l'on passe sûrement plus de temps à se trahir soit même qu'à trahir les autres. Bref, pour ceux qui ne font pas ça, on admire.
Au fond, si, ils finissent par être énervant, tous ceux qui nous font tomber de notre petite stabilité d'occidental qui nous dit que nous ne sommes pas une mauvaise personne. Ben oui, nous n'avons pas tué, pas volé beaucoup, pas violé, pas pédophilé, pas zoophilé (enfin pour la plupart), pas volé l'eau et la bouffe des Africains, pas exploité d'enfants Chinois, pas mis le Sida dans le sang des pédés. Alors qu'est-ce qui leur permet de se ramener avec leur gueule ultra-perfection et de nous rendre si mal à l'aise? Tout simplement le fantasme d'un idéal humain qui nous pousse à reconnaître en ces personnes là un trait d'évolution, d'amélioration pour la société. Si on pousse le vice, et c'est le cas de le dire, jusqu'au bout, on peut envisager qu'en fait, ils nous déstabilisent car ils nous donnent l'impression d'être obsolètes, déjà passés, alors qu'ils représenteraient un futur meilleur, et donc ancré dans nos crânes à grand coup d'utopie et de générations à venir (merci la société). Enfin heureusement, ils sont loin d'être légion.
Mais l'important, c'est que comme nous, ils font caca.
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Libellés : La tête
Crystal Castles - Untrust Us
mercredi 14 mai 2008
Publié par Ouam à 00:04 0 commentaires
Libellés : Le son
Dans ta face.
mardi 13 mai 2008

Il y a quelques semaines, j'ai passé la soirée avec deux amis. Etant les seuls à nous être dévouer pour garder la cité, nous avons décidé de nous rassembler pour mieux veiller sur Lyon, depuis Villeurbanne. Après une bouffe réglementaire, nous nous sommes décidés pour un film. Fouillant dans mon disque dur externe, j'ai déniché Another Gay Movie, un American Pie sauce pédé. Entamant ma plaidoirie, je n'ai pas eu à beaucoup convaincre et nous avons fini par regarder le film, en rigolant bien, il faut l'avouer.
Another Gay Movie, c'est tout ce qui se fait de plus cliché sur les homosexuels rassemblé en un seul film. Le gay efféminé, cheveux teins et aussi looké qu'une fille, le gay sportif, le gay intello, le gay invisible qu'on prend pour un hétéro, et la grosse goudou camioneuse ultra vulgaire. C'est une sélection très poussée de ce qui se fait de plus gras et de plus drôle en même temps. On vole évidemment de caricature en caricature, mais la confusion des sexualités donnant un côté plutôt sympa et rafraîchis un peu la lourdeur américaine.
Outre le fait que le film soit paru en Juillet 2006 aux Etats-Unis et en Juin 2007 en France, ce qui permet de noter la gestion moyenâgeuse de la question homosexuelle dans notre beau pays, regarder ce film en présence de deux hétéros à été une expérience plutôt drôle. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'un gay, en tant que représentant S homosexualité, écopera toujours d'un passage dans n'importe quelle soirée où il devra tenir son rôle de pédé, et donc en parler. Le moment venu, je me prépare à affronter ma question du soir, lorsqu'un de mes deux amis me sort : "Je savais pas que les homos pouvaient faire l'amour en se regardant".
D'habitude, je suis plutôt bon en gaytude. Je tente de faire des réponses camouflant toute hétérophobie, histoire de leur faire comprendre qu'on les aime quand même, les hétéros, et que même s'ils n'ont pas eu cette chance, certains auraient mérités d'être gays. Mais là, les dents m'en sont tombées. En fait, en tant que pédé, je n'avais jamais imaginé l'impossibilité physique de pouvoir faire l'amour face à face. C'est pour moi une évidence limpide, tout comme que selon les lois de la nature, un couple ne fait pas d'enfants (sauf lors de dérives hétérosexuelles). Et tant mieux, car le polichinelle dans le tiroir m'aurait carrément fait gerber.
Pourtant, aucun de mes deux amis en présence ne savait que la sodomie permettait de faire l'amour face à face. Et ce genre de situation est profondément déprimante. Aucun reproche aux amis, évidemment, et aucun d'eux n'a été violenté durant cette scène, c'est promis. Ce qui est là en cause c'est encore une fois le peu d'information qu'on donne de l'homosexualité. On se représente encore une forme de sexualité complètement bestiale, ramassée sur la levrette, puisqu'entre hommes, évidemment, pas de tendresse. Pire encore, c'est cette image là qui domine parce que l'image commune des hétérosexuels pratiquant la sodomie passe de façon récurante par la levrette. C'est révélateur du véritable problème avec la différence : on n'envisage les choses que par son propre point de vue. Je n'ai rien contre un peu de bestialité de temps en temps, mais non, ma vie sexuelle ne se sépare pas entre du quatre pattes et une vue plongeante sur un dos. Parfois j'ai droit au visage, et même à des baisers, plus ou moins catholiques.
Le changement d'image, il avance, plutôt doucement. C'est difficile de se rendre compte que l'image des gays par les gays est à des années lumière de celle des hétéros. Moi-même j'aimerai qu'on arrête de me poser la question séculaire : "qui fait le garçon, qui fait la fille". Dans ma tête innocente d'adolescent homosexuel et coupé du monde, ce genre de considérations était déjà relégué aux douves des châteaux forts, avec les crocodiles. Pourtant non. Et la réalité est encore plus dure à constater lorsqu'elle touche des personnes sans mauvaises intentions, juste curieuses et ouvertes.
Et puis, je me suis demandé : comment les lesbiennes font-elles l'amour? Et là, j'ai véritablement été déprimé.
Publié par Ouam à 23:47 1 commentaires
Libellés : Le gay-ridon
Busy tone.

Mai est un mois merveilleux. C'est une valeur sure dans l'année, le mois cool par excellence. Si avril a été foireux, Mai lui est toujours mieux, pas de surprises, un ciel bleu au possible, de gros nuages moutonneux, des arbres bourgeonnants et les massifs déjà en fleur. On a envie de se flâner toute la journée dans les jardins, d'arpenter les rues en regardant les gens, ne se remplir le ventre de rien d'autre que de glace et siroter des bières sur les terrasses. Le soir n'est plus une zone interdite, au contraire il devient un moment d'exploration et surtout un immense terrain de chasse.
Mai est un mois merveilleux. Si l'on ne se découvre pas en Avril, en Mai, tout est possible. Les t-shirt sont de sortie, on laisse tomber les pulls et les grosses vestes, les filles sortent les jupes et recommencent à s'épiler, bref, Mai, c'est un peu les jeux olympiques de la beauté. Les garçons se coupent les cheveux (et j'en suis), retrouvent les petits t-shirts et les pantalons sympa au fond de leur garde robe, font un peu de sport et surtout, surtout, sortent de chez eux. Et là, ça devient carrément difficile de se promener en vélo sans manquer tomber tous les 10 mètres, parce que oui, c'est clair, il y à matière à mater.
Mai est un mois merveilleux. On passe tellement de temps dehors à profiter des jours que l'on rentre plutôt crevé le soir. Du coup, on a jamais aussi bien dormi. Plus rien n'est un effort, tout devient un plaisir, même sortir de chez soi pour aller poser la lettre aux impôts. En Mai, on rencontre des gens, les bars pullulent, les hormones aussi, c'est la chasse à l'autre où qu'on aille.
Mai est un mois merveilleux. A Lyon, c'est le mois des Nuits sonores, c'est des concerts partout, des ambiances incroyables, une ville en ébullition, des quais noirs de monde, l'occasion de découvrir des endroits inconnus et des gens nouveaux. C'est un timing difficile à suivre vu le rythme des soirées, mais c'est aussi l'occasion de renouer contact avec pleins d'amis que l'on avait plus vu depuis la fin de l'hiver, février, mars et avril étant si moroses.
Mai est un mois merveilleux. Si l'on a moins de 18 ans, on révise pour son bac qui approche. Si on a plus de 18 ans, on a des partiels, des exams, des concours, bref, l'univers cosmique intersidéral se ligue pour nous empêcher de profiter convenablement de la réunion rare de tant de bon facteurs. En fait, cela rend l'interdit encore plus tentant, et la moindre soirée ou journée inoccupée est une bravade aux échéances qui se profilent à grands pas. L'adrénaline aidant, c'est encore plus facile de profiter des bons moments.
Mai est un mois merveilleux, on drague, on fait la fête, on se promène, on voyage, et on bosse comme jamais. Mais quand même, vivement Juin.
Publié par Ouam à 16:56 1 commentaires
Libellés : La tête
Arrondir les angles
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, avoir beaucoup d'amis, ou du moins, de connaissances, pour ne pas offenser les puristes-t'as-que-deux-copines, n'est pas si facile. On aurait tendance à croire qu'il suffit d'être fabuleux, d'avoir de la conversation, des passions, un intérêt accru pour la chose et ne pas remettre deux jours de suite le même t-shirt pour se créer un répertoire de potes conséquent. Cela ne suffit malheureusement pas. Graviter autour de beaucoup de personnes, c'est un véritable travail à temps plein, remplis de concessions et d'efforts. J'irai même plus loin, c'est une tâche pesante, qui se place directement entre celle de l'espion pendant la guerre froide et celle du chargé des relations internationales des Jeux Olympiques de Pekin.
Avoir un réseau, c'est une occupation titanesque. Un jeu diplomatique constant. Il ne faut pas se contenter de finement naviguer entre plusieurs groupes, il faut aussi gérer les situations entre les groupes, les faire ou ne pas les faire se rencontrer à tel ou tel moment, envisager les instants propices et rattraper les bourdes routinières que tel ou tel ami ne manquera pas de commettre. Finalement, lorsqu'on se retrouve prit entre deux feux amicaux, on perd sa place d'ami pouvant profiter normalement d'une soirée pour revêtir la tâche du médiateur. Lorsque la mayonnaise prend, Alleluia, on pourra se permettre de boire plus que de raison et de s'amuser sans penser aux conséquences, car on aura deux fois plus d'amis prêts à assumer les conneries commises ou à nous porter jusqu'à un lit. En plus, il se feront un malin plaisir de raconter tout un tas d'anecdotes sur vos états plus ou moins honorables qu'ils oublieront par la suite.
Lorsque la mayonnaise ne prend pas, ça tourne vite à la moutarde. On se retrouve dans un champ miné qui demande précaution et vigilance constante. Il faut désamorcer les accrochages, rattraper les remarques en biais, sourire pour ceux qui ne le font pas et surtout faire bien attention à la consommation de drogues quelconques, histoire que personne ne soit dans l'excès et que tous restent maître de soi. Lorsque la situation tourne aux petits meurtres entre amis, mieux vaut opter pour le replis stratégique et ramasser les morceaux ensuite. C'était plus facile de déminer Verdun que d'éviter les obus.
Il faut aussi régulièrement gérer des associations d'amis, des rencontres, inopinées ou calculées. La tâche n'est pas simple, si seulement les musiciens allaient avec les musiciens, les accros de films avec leurs homologues et les indies avec les indies, tout serait plus simple. Pourtant, ça n'est pas le cas, et c'est bien pire : parfois, entre eux, ils se détestent. Sans aborder le sujet des clans parisiens.
C'est toujours une déception proche de celle d'un maternelle ayant loupé sa carte de fête des mère que de se rendre compte que l'association n'a pas marché. Un "Oui elle à l'air gentille. Pas très vive mais sympa", ne vous procure pas la même satisfaction qu'un "Quelle fille exceptionnelle!".
Autant être franc : faire se rencontrer ses amis, c'est aussi, et surtout, se faire mousser. Alors évidemment, lorsqu'ils s'apprécient, tout le monde s'apprécie, et du coup l'égo s'apprécie beaucoup plus lui-même. Si chacun se trouve exceptionnel, la personne qui relie ces incroyables personnes l'est encore plus.
La survie sociale, c'est surtout un plaisir de chaque instant et le tiraillement agréable du "quelle soirée choisir sur les trois proposées...". Et au risque de détruire l'argument de vente de SFR et de la carte SIM "méga-amis", si la quantité est agréable, la qualité l'est encore plus. Cependant, mieux vaut trouver un juste milieu, surtout lorsque votre anniversaire approche.
Publié par Ouam à 14:21 1 commentaires
Libellés : La tête
Strange world we live in.
vendredi 9 mai 2008
Ca fait bientôt dix ans qu'on nous rabâche sans cesse que tout va trop vite. On aurait pu penser que certains se seraient habitués à la vitesse, ajouté une seconde ceinture ou fait implanter des airbags, mais les gens restes inchangés, et les vieilles rengaines font de même. On finit toujours par subir la chanson séculaire que ressassent ceux qui se sont fait distancer sans l'accepter.
C'est sur, tout à changé. Par exemple, aujourd'hui, on peut se rencontrer sur internet, sélectionner les critères qui vont nous amener les uns vers les autres, juger à la simple vue de la photo d'une personne et de sa description. Nous le faisons, soit, et nous aurions tord de nous en priver. Ce n'est pas constitutif d'une relation, c'est juste un moyen. Si le médium est le message, l'utilisation d'internet c'est le message du choix, de la prise en main. Pas d'un changement brutal, pas d'une détérioration des relations humaines. Nous trouvons, rencontrons, oublions beaucoup plus vite qu'avant, mais nous avons aussi le choix de connaître une multitude de gens de tous horizons. Et d'autres termes : nous sommes sortis de nos campagnes, après être sortis de nos grottes. Dépassées les fêtes de village où l'on connaîtra seulement les gars et filles du coin, avec lesquels on a plus de 80% de chances d'avoir de la consanguinité.
Les lettres enflammées sont à présent des mails, les billets doux des textos, les clins d'oeil échaudés des pokes sur Facebook, et quant aux messages explicites, ils restent explicites. On peut connaître les goûts, les habitudes, et jusqu'à la bibliothèque musicale de la personne concernée. Cependant, comme avant, on se rencontre. Comme avant, on discute, on échange, on se jauge et on se cerne. Nous utilisons toujours l'humour pour séduire, et on a toujours des regards en biais, volés, cachés, dérobés. Rien ne remplace le visu, et rien ne remplace le sexe non plus. On vit toujours un réel. Sauf que lorsqu'on est timide, aujourd'hui, on a l'opportunité de pouvoir être proche de l'autre par un réseau. On aurait tord de s'y enfermer, mais on aurait aussi tord ne pas chercher à surmonter nos archaïsmes.
On ne peux pas demander aux vieux grincheux de comprendre qu'il peut y avoir une romance derrière tout ça, que la réalité aujourd'hui s'étale sur plus de niveaux qu'elle ne le faisait pour eux. Ils ne comprendraient pas un ado de 15 ans, pressé de rentrer chez lui parler à son bon ami, souriant devant un mail langoureux, dans les nuages devant un pseudo msn. Il est souvent plus facile de réduire la chose à son plus simple et matériel aspect : une machine, que d'accepter qu'un monde entier fourmille derrière, monde qui apparement n'a pas eu la décence de nous prendre au passage.
Il y a juste à espérer, que nous, les geeks, les no-life, les surconnectés, nous montrerons beau joueur lorsque notre tour viendra de lâcher les rennes de la modernité, sans pour autant se priver du plaisir de repenser à nos modems 24k, à l'Irc et au bon vieux 2.0.
Publié par Ouam à 05:39 0 commentaires
Libellés : La tête
Le roi Dagobert
jeudi 8 mai 2008
Il paraît que lorsque l'on rêve d'une personne, c'est qu'elle représente quelque chose, qu'elle à une importance. Pas lorsqu'on en rêve en tant que personnage neutre mais en tant qu'acteur du rêve. Cette nuit, j'ai consacré mon amitié qui me lie (pour l'éternité) au gang. Cependant, ça n'était pas tout à fait ce à quoi je m'attendais.
Le rêve commence en forêt, dans des talus, ou que sais-je. Nous sommes tous là, sauf Mathilde et Ludo qui sont à Lille. En dessous des talus, dans une pente en descendant, il y a une petite église. Il fait déjà plutôt nuit. Nous décidons sûrement d'aller voir, il me semble qu'Aggie est bien motivée (bah, normal..) et nous rentrons dans la petite église. Aussitôt rentré, le phénomène classique du rêve arrive : modification de l'espace. On se retrouve dans une immense cathédrale sombre et très glauque. Une secte qui brûle les homosexuels fait une sorte de rituel avec 3 moines participants, cagoulés et costumés comme il se doit. Nous commençons à fuir, mais en plus de râler sur ces connards d'homophobes je réalise que j'ai oublié mes lunettes à l'intérieur. Je me sépare du gang, je rentre en courant dans la cathédrale, la cérémonie bat son plein, la musique est super forte, et d'ailleurs c'est... de l'électro? Je cours jusqu'à la chaise à côté de laquelle sont mes lunettes, et là, sur la chaise, est planté un moine avec un ordinateur sur les genoux qui gère les effets visuels. Je repars en courant, je fais tomber un truc en passant, c'est le gros bordel, la cérémonie est interrompue, c'est chaud pour mes fesses.
Ensuite on finit par débattre de ça et je me met tout le monde à dos sans que je me rappelle pourquoi. J'essaie de m'expliquer et je me retrouve sur une scène à faire une plaidoirie. Je m'engueule avec Simon qui s'en va, très énervé.
Au final, on se réconcilie en dessinant sur une feuille de papier et en chantant une chanson sur le roi Dagobert...
Ca, c'est pour le rêve, qui est véridique en tout point. Maintenant, je me rend compte qu'il n'y a pas vraiment de quoi faire toute une histoire de l'interprétation Freudienne des rêves. Freud, c'était juste une excuse pour donner de la coke aux patients. Parce que là, l'auto analyse se fait vite :
- Aller à la messe le premier Mai m'a fait re-rentrer dans une église : c'est donc un écho post-traumatique. Et je lis un bouquin parlant d'une ancienne secte à Istanbul (ben oui, je m'initie aux moeurs locales).
- J'ai hâte de mettre les pieds aux nuits sonores, ça explique le moine faisant du Vjing (vidéo jokeying) assis sur sa chaise avec un ordi. Je n'en ai plus le souvenir exact mais je suis sur qu'il s'agissait d'un mac.
- Je perds tout le temps mes lunettes
- J'ai été au théâtre deux fois la semaine dernière
- Simon me déteste secrètement et je le sens. Cependant, on aime tous les deux dessiner (enfin surtout lui)
Je ne pense pas qu'il y ait de réelle différence entre les bébés, sensés régurgiter leur journée en rêve toutes les nuits, et nous. Nous, on a juste allongé la fréquence de régurgitation d'une journée à plusieurs semaines. Pas besoin de Freuderies pour nous expliquer qu'en fait, c'est parce qu'on a secrètement une envie sexuelle refoulée envers la voisine, son mari, ses deux gosses et son chien. Et pourquoi pas son frigo. Ou alors, je suis peut-être juste un peu con.
Publié par Ouam à 09:49 0 commentaires
Libellés : La tête
Logistics - Thunderchild
mercredi 7 mai 2008
Publié par Ouam à 17:19 0 commentaires
Libellés : Le son
Bling-bling
Le problème, avec l'hyper-présidence, c'est que, justement, tout devient hyper. Ministres hyper-actifs, dossiers hyper-traités, et côte de popularité hyper-molle. Et à défaut de faire bander les sondages, il a suffit à notre première dame de se faire apposer la particule Sarkozy pour devenir hyper-trendy : pubs, album, photos nues vendues aux enchères.
Nous avons la chance inouïe d'assister à un régime qui "change le visage de la France". Soit, mais ce visage là change régulièrement : en 2000, c'était Laetitia Casta, la canon pur et innocent, et en 2003, Evelyne Thomas (on commençait déjà à se défraîchir, dans l'exagone). En tout cas, j'ai l'impression que ces temps-ci, Marianne tire bien la gueule, au point de mécontenter et les vieux, et les jeunes. Qui sait, on va peut-être bientôt finir par s'entendre, vu que le gilet revient à la mode.
Lorsqu'on me chante aux oreilles que le passage de Sarkozy à la présidence marquera à jamais la République, je dis pourquoi pas. Après tout, en 4 ans, on peut aller exploiter en Tunisie, légitimer des dictateurs et aussi, pourquoi pas, cracher à la gueule des Chinois. Mais pour l'instant, la véritable marque est ailleurs que dans la politique : elle est dans la mode. Et oui, on l'a tous vu et revue, cette photo de Nicolas exhibant montre et lunettes. Maintenant que le soleil pointe son nez, l'équation est simple. Si le changement est dans la mode, la mode, elle, est dans la rue, et on ne peut plus sortir de chez soi sans avoir l'impression de nager dans une marée de présidents. Des grands, des gros, des beaux, des moins beaux, mais tous, TOUS avec les mêmes lunettes sur le nez : les favorites de l'Elysée.
J'en viens à me demander si demain on finira tous par voler les stylos qu'on nous prête pour signer les contacts. Comme ça, en plus d'estampiller Rolex et Ray ban sur la tronche de Marianne, on pourra aussi rajouter cleptomane.
Publié par Ouam à 17:11 0 commentaires
Libellés : La tête
Chez les sans-veine.
mardi 6 mai 2008
Depuis l'enfance, on nous remplit la tête de figures mythiques, adorées ou détestée. On méga kiffe les princes, qui sont si beaux, les princesses sont bien fringées mais trop chochotes, et le père fouetard, lui, on l'aime pas vraiment, notamment à cause de sa sale dentition. Parfois, dans notre vie d'adulte, il nous arrive de rencontrer des personnes qui font resurgir ces vieux schémas. On peut alors constater la force avec laquelle tout cela nous a été inculqués, mais aussi, finalement, que tout est question de veine, ou de déveine.
Du côté de ceux qui ont de la veine, on rencontre tous un jour ou l'autre la fille du genre Carolinecaro. Bien sous tout rapport, avec du caractère, plutôt bombasse (parole de gay), et surtout, l'important pour une fille : ayant trouvé LE mec. Le Keum. Et oui, car Cc (comprenez Carolinecaro) l'a trouvé, ce qui la classe directement du côté des veinards. Sportif, attentionné, nerveux quand il le faut, et surtout, capable d'ôter ses Nike de footing pour être élégant. Cc n'en revient plus d'amour et ne fait que se laisser couler, comme une guimauve passée au micro-onde, en répandent autour d'elle des commentaires plein d'amour et de bonheur. Et comment ne pas la comprendre, il est si parfait?
Du côté de ceux qui n'ont pas de veine, on rencontre tous un jour la mauvaise personne. La personne honnie. Le collant-sentimental-mélodramatique. Avant la rupture, en apparence, tout va bien. On pense alors que l'on va pouvoir couler des jours heureux, tout en continuant à maudire les niais et à mépriser les célibataires, bref, la place de choix : entre le solitaire et la guimauve. Mais dès que la rupture est consommée, les problèmes surviennent. Si le dit collant n'est pas trop atteint, on aura droit à une foultitude de sms tous plus baveux les uns que les autres. S'il est en stade terminal, pas de chance, s'ajouteront aux sms lettres, articles de blog, profils facebook et msn, tentative d'explication ou de re-conquête, j'en passe et des meilleures. Au début, évidemment, on ne saurait être méchant : le pauvre, il souffre. Puis, petit à petit, le naturel revient au galop et on finit par lui faire comprendre clairement qu'il nous emmerde. Et c'est là l'erreur fatale. Ainsi légitimée, la bête se déchaîne, et l'on sombre dans un concert de plaintes mélodramatiques. Une espèce de masochisme pleurnichard qui nous amène à regretter la guimauve de Cc.
Ce qui est fou, c'est que ce genre de personne semble fonctionner sur pile nucléaire : elles sont inépuisables. Les semaines, les mois n'y font rien, il faut juste espérer, et attendre qu'elles trouvent une autre cible.
Personnellement, je me classerai du côté déveine. Et je vous dirai même pire, ma déveine à moi, c'est un mélange de prince, de princesse, et de père-fouettard. Canon comme un prince, pleurnichard comme une princesse, et aussi incompréhensible qu'un édenté.
Publié par Ouam à 13:42 1 commentaires
Libellés : La tête
Je serai celui-là.
C'est fou la proportion démesurée qu'un moindre mot peut prendre. Je ne remercierai jamais assez SO, qui d'ailleurs se reconnaîtra tant bien que mal (nombril pelé va) pour avoir expérimenté avec succès la loi qui dit qu'en révision, le moindre projet consistant à autre chose qu'à réviser rencontre un intérêt fou de la part de la personne sensée réviser. Encore un des mystères de l'univers qui explique la création de cette nouvelle page-poubelle sur internet. Mais je vous préviens, ne mélangeons pas tout, ma poubelle à moi à des roulettes. Qu'on se le dise.
Publié par Ouam à 13:13 0 commentaires
Libellés : La brève