Contrairement à ce que l'on pourrait penser, avoir beaucoup d'amis, ou du moins, de connaissances, pour ne pas offenser les puristes-t'as-que-deux-copines, n'est pas si facile. On aurait tendance à croire qu'il suffit d'être fabuleux, d'avoir de la conversation, des passions, un intérêt accru pour la chose et ne pas remettre deux jours de suite le même t-shirt pour se créer un répertoire de potes conséquent. Cela ne suffit malheureusement pas. Graviter autour de beaucoup de personnes, c'est un véritable travail à temps plein, remplis de concessions et d'efforts. J'irai même plus loin, c'est une tâche pesante, qui se place directement entre celle de l'espion pendant la guerre froide et celle du chargé des relations internationales des Jeux Olympiques de Pekin.
Avoir un réseau, c'est une occupation titanesque. Un jeu diplomatique constant. Il ne faut pas se contenter de finement naviguer entre plusieurs groupes, il faut aussi gérer les situations entre les groupes, les faire ou ne pas les faire se rencontrer à tel ou tel moment, envisager les instants propices et rattraper les bourdes routinières que tel ou tel ami ne manquera pas de commettre. Finalement, lorsqu'on se retrouve prit entre deux feux amicaux, on perd sa place d'ami pouvant profiter normalement d'une soirée pour revêtir la tâche du médiateur. Lorsque la mayonnaise prend, Alleluia, on pourra se permettre de boire plus que de raison et de s'amuser sans penser aux conséquences, car on aura deux fois plus d'amis prêts à assumer les conneries commises ou à nous porter jusqu'à un lit. En plus, il se feront un malin plaisir de raconter tout un tas d'anecdotes sur vos états plus ou moins honorables qu'ils oublieront par la suite.
Lorsque la mayonnaise ne prend pas, ça tourne vite à la moutarde. On se retrouve dans un champ miné qui demande précaution et vigilance constante. Il faut désamorcer les accrochages, rattraper les remarques en biais, sourire pour ceux qui ne le font pas et surtout faire bien attention à la consommation de drogues quelconques, histoire que personne ne soit dans l'excès et que tous restent maître de soi. Lorsque la situation tourne aux petits meurtres entre amis, mieux vaut opter pour le replis stratégique et ramasser les morceaux ensuite. C'était plus facile de déminer Verdun que d'éviter les obus.
Il faut aussi régulièrement gérer des associations d'amis, des rencontres, inopinées ou calculées. La tâche n'est pas simple, si seulement les musiciens allaient avec les musiciens, les accros de films avec leurs homologues et les indies avec les indies, tout serait plus simple. Pourtant, ça n'est pas le cas, et c'est bien pire : parfois, entre eux, ils se détestent. Sans aborder le sujet des clans parisiens.
C'est toujours une déception proche de celle d'un maternelle ayant loupé sa carte de fête des mère que de se rendre compte que l'association n'a pas marché. Un "Oui elle à l'air gentille. Pas très vive mais sympa", ne vous procure pas la même satisfaction qu'un "Quelle fille exceptionnelle!".
Autant être franc : faire se rencontrer ses amis, c'est aussi, et surtout, se faire mousser. Alors évidemment, lorsqu'ils s'apprécient, tout le monde s'apprécie, et du coup l'égo s'apprécie beaucoup plus lui-même. Si chacun se trouve exceptionnel, la personne qui relie ces incroyables personnes l'est encore plus.
La survie sociale, c'est surtout un plaisir de chaque instant et le tiraillement agréable du "quelle soirée choisir sur les trois proposées...". Et au risque de détruire l'argument de vente de SFR et de la carte SIM "méga-amis", si la quantité est agréable, la qualité l'est encore plus. Cependant, mieux vaut trouver un juste milieu, surtout lorsque votre anniversaire approche.
Toute ressemblance avec des personnes réelles n'est pas fortuite.
Arrondir les angles
samedi 10 mai 2008
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1 commentaires:
Crois-moi, déminer Verdun n'est pas si facile que ça... J'abandonne, j'ai donné ma dédite... ^^
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