Bling-bling

mercredi 7 mai 2008

Le problème, avec l'hyper-présidence, c'est que, justement, tout devient hyper. Ministres hyper-actifs, dossiers hyper-traités, et côte de popularité hyper-molle. Et à défaut de faire bander les sondages, il a suffit à notre première dame de se faire apposer la particule Sarkozy pour devenir hyper-trendy : pubs, album, photos nues vendues aux enchères.

Nous avons la chance inouïe d'assister à un régime qui "change le visage de la France". Soit, mais ce visage là change régulièrement : en 2000, c'était Laetitia Casta, la canon pur et innocent, et en 2003, Evelyne Thomas (on commençait déjà à se défraîchir, dans l'exagone). En tout cas, j'ai l'impression que ces temps-ci, Marianne tire bien la gueule, au point de mécontenter et les vieux, et les jeunes. Qui sait, on va peut-être bientôt finir par s'entendre, vu que le gilet revient à la mode.

Lorsqu'on me chante aux oreilles que le passage de Sarkozy à la présidence marquera à jamais la République, je dis pourquoi pas. Après tout, en 4 ans, on peut aller exploiter en Tunisie, légitimer des dictateurs et aussi, pourquoi pas, cracher à la gueule des Chinois. Mais pour l'instant, la véritable marque est ailleurs que dans la politique : elle est dans la mode. Et oui, on l'a tous vu et revue, cette photo de Nicolas exhibant montre et lunettes. Maintenant que le soleil pointe son nez, l'équation est simple. Si le changement est dans la mode, la mode, elle, est dans la rue, et on ne peut plus sortir de chez soi sans avoir l'impression de nager dans une marée de présidents. Des grands, des gros, des beaux, des moins beaux, mais tous, TOUS avec les mêmes lunettes sur le nez : les favorites de l'Elysée.

J'en viens à me demander si demain on finira tous par voler les stylos qu'on nous prête pour signer les contacts. Comme ça, en plus d'estampiller Rolex et Ray ban sur la tronche de Marianne, on pourra aussi rajouter cleptomane.

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