Dans ta face.

mardi 13 mai 2008


Il y a quelques semaines, j'ai passé la soirée avec deux amis. Etant les seuls à nous être dévouer pour garder la cité, nous avons décidé de nous rassembler pour mieux veiller sur Lyon, depuis Villeurbanne. Après une bouffe réglementaire, nous nous sommes décidés pour un film. Fouillant dans mon disque dur externe, j'ai déniché Another Gay Movie, un American Pie sauce pédé. Entamant ma plaidoirie, je n'ai pas eu à beaucoup convaincre et nous avons fini par regarder le film, en rigolant bien, il faut l'avouer.

Another Gay Movie, c'est tout ce qui se fait de plus cliché sur les homosexuels rassemblé en un seul film. Le gay efféminé, cheveux teins et aussi looké qu'une fille, le gay sportif, le gay intello, le gay invisible qu'on prend pour un hétéro, et la grosse goudou camioneuse ultra vulgaire. C'est une sélection très poussée de ce qui se fait de plus gras et de plus drôle en même temps. On vole évidemment de caricature en caricature, mais la confusion des sexualités donnant un côté plutôt sympa et rafraîchis un peu la lourdeur américaine.

Outre le fait que le film soit paru en Juillet 2006 aux Etats-Unis et en Juin 2007 en France, ce qui permet de noter la gestion moyenâgeuse de la question homosexuelle dans notre beau pays, regarder ce film en présence de deux hétéros à été une expérience plutôt drôle. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'un gay, en tant que représentant S homosexualité, écopera toujours d'un passage dans n'importe quelle soirée où il devra tenir son rôle de pédé, et donc en parler. Le moment venu, je me prépare à affronter ma question du soir, lorsqu'un de mes deux amis me sort : "Je savais pas que les homos pouvaient faire l'amour en se regardant".

D'habitude, je suis plutôt bon en gaytude. Je tente de faire des réponses camouflant toute hétérophobie, histoire de leur faire comprendre qu'on les aime quand même, les hétéros, et que même s'ils n'ont pas eu cette chance, certains auraient mérités d'être gays. Mais là, les dents m'en sont tombées. En fait, en tant que pédé, je n'avais jamais imaginé l'impossibilité physique de pouvoir faire l'amour face à face. C'est pour moi une évidence limpide, tout comme que selon les lois de la nature, un couple ne fait pas d'enfants (sauf lors de dérives hétérosexuelles). Et tant mieux, car le polichinelle dans le tiroir m'aurait carrément fait gerber.

Pourtant, aucun de mes deux amis en présence ne savait que la sodomie permettait de faire l'amour face à face. Et ce genre de situation est profondément déprimante. Aucun reproche aux amis, évidemment, et aucun d'eux n'a été violenté durant cette scène, c'est promis. Ce qui est là en cause c'est encore une fois le peu d'information qu'on donne de l'homosexualité. On se représente encore une forme de sexualité complètement bestiale, ramassée sur la levrette, puisqu'entre hommes, évidemment, pas de tendresse. Pire encore, c'est cette image là qui domine parce que l'image commune des hétérosexuels pratiquant la sodomie passe de façon récurante par la levrette. C'est révélateur du véritable problème avec la différence : on n'envisage les choses que par son propre point de vue. Je n'ai rien contre un peu de bestialité de temps en temps, mais non, ma vie sexuelle ne se sépare pas entre du quatre pattes et une vue plongeante sur un dos. Parfois j'ai droit au visage, et même à des baisers, plus ou moins catholiques.

Le changement d'image, il avance, plutôt doucement. C'est difficile de se rendre compte que l'image des gays par les gays est à des années lumière de celle des hétéros. Moi-même j'aimerai qu'on arrête de me poser la question séculaire : "qui fait le garçon, qui fait la fille". Dans ma tête innocente d'adolescent homosexuel et coupé du monde, ce genre de considérations était déjà relégué aux douves des châteaux forts, avec les crocodiles. Pourtant non. Et la réalité est encore plus dure à constater lorsqu'elle touche des personnes sans mauvaises intentions, juste curieuses et ouvertes.

Et puis, je me suis demandé : comment les lesbiennes font-elles l'amour? Et là, j'ai véritablement été déprimé.

1 commentaires:

Ouam a dit…

Un petit indice :

Elles scisotent.