Fort Fort Lointain.

samedi 24 mai 2008


Le prince charmant est un peu con. Dans son royaume, il s'imagine toujours qu'il existe 3 types de créatures qui importent : les princes (ou princesses, pour ceux qui sont encore hétéros), les méchants loups, et les vieilles belles-mères griffues. La vie s'écoulait ainsi entre les viles attaques des bêtes qui espéraient se faire charmant, les pommes empoisonnées des vieilles morues et les sourires étincelants des princes. Le problème, c'est que le prince n'a rien capté. Les loups sont depuis belle lurette tombés sur un exemplaire de peau d'âne volé à la belle-mère maléfique, ont appris à se déguiser en princes et remplacé ceux qui attendaient encore sous les douves avec un bouquet de roses. En bref, adieu les princes, et ça, charmant ne l'a vraiment pas compris. Au fil du temps, à force de se taper des loups, il s'est peut-être rendu compte d'un léger changement, mais rien à faire, il est resté le prince charmant, forcément un peu teubé.

Du coup, pour les loups, la vie est devenue bien plus facile. Plus de princes pourfendeurs de bête, quand l'animalité domine, tout est beaucoup plus simple. Alors, dans les rues de Fort Fort Lointain, les loups s'en donnent à coeur joie. Et ici, on à un peu tendance à faire pareil. Parfois, on se demande si on se fait pas du mal, à mater le prince charmant à tous les coins de rue. Ce serait comme s'allécher en regardant une poule s'ébattre sans pouvoir la croquer. Dommage. Mais le fait est là, depuis que les charmants sont au placard, et les conventions dans les poches, on peut s'en donner à coeur joie dans la rue, quitte à être parfois franchement sale. Mais là, j'ai envie de dire : Et alors, t'aime pas quand c'est dégueu? Quoi qu'il en soit, le matage est un art subtil qui demande expérience et réflexion. Bien sur, on peut se jeter dans la foule comme un mal-propre, balancer ses yeux sur le moindre pantalon serré ou sur le premier t-shirt moulant. Mais non, ici, je parle d'art, pas de répandre ses hormones partout.

Mater, ça ne se définit pas exclusivement à la rencontre inattendue : pof, wahou, il est trop beau, bave et autres comportements ridicules, puis fin. C'est être aux abois, à l'affût, c'est prévoir l'arrivée du charmant, et surtout, surtout, n'en manquer aucun. Car puisqu'il s'agit là uniquement de matage, la qualité, l'approfondissement, bref, les trucs de meufs, on a pas vraiment le temps pour ça. Alors la quantité passe d'abord, et il faut, à 30 mètres de distance, repérer clairement la silhouette, les cheveux, le contour du visage, histoire de se faire une définition approximative de la personne, et finalement de savoir laquelle de toutes celles qui nous entourent méritera un examen approfondis lorsqu'on la croisera. J'imagine vos têtes en lisant ça, si le matage n'est pas votre sport favoris. Eh oui, ça demande une concentration extrême, et c'est, à la longue, très épuisant mentalement. Mais ô combien gratifiant. Revenons à nos moutons.

Les loups vivaient donc heureux, matant à coeur joie le pauvre prince charmant ne se doutant de rien, et le croquant parfois. Mais un beau jour, sûrement à cause d'un sortilège quelconque de la belle-mère, tout à changé. On a pas bien compris pourquoi, mais le prince charmant est devenu bizarre. Non seulement, il s'est permit, contre la volonté du Comité des Loups, d'adopter les même comportements qu'eux, mais en plus, et c'est bien là le pire, le prince charmant à mit la main sur un bouquin intitulé "Vous aussi, devenez bisexuel". C'est à ce moment que l'équilibre du monde à commencé à se fissurer pour nous tomber petit à petit sur la gueule. Le complot des Loups à été déjoué, le prince charmant s'est réveillé de sa torpeur, et on à même plus pu être à l'aise dans la perversion ou la déviance en espérant un jour être guéri par LE prince, puisque tout le monde est devenu pourri, comme la pomme de la belle-mère.

On a eu beau revendiquer que de toute façon, les centristes sont une sale race d'indécis qui ennuie tout le monde, certains princes n'en on pas démordu, et sont restés hors des frontières connues. A partir de ce jour, tout est devenu plus compliqué. Les loups n'ont plus pu se nourrir en toute insouciance, puisque d'un coup, la poule, le prince, ce que vous voulez, avait la possibilité de choisir une troisième voie. Vachement compliqué. Et ici, fort fort loin de Fort Fort Lointain, encore une fois, c'est la même. Avant, on était bien peinard à croire que de toute façon charmant était forcément gay, ou hétéro, mais ça, on pouvait facilement le sentir. Mais non, maintenant, charmant peut, en plus d'être hétéro, être bisexuel. C'est franchement fatiguant. On ne sait plus vraiment à quoi s'en tenir, et on se demande toujours si charmant ne va pas aller se chercher une louve pour le quatre heure. Si en plus, il est plus teubé que la moyenne et qu'il raconte ses aventures sexuelles, on finit carrément remonté contre lui.

Bientôt, à Fort Fort Lointain, pour être sur de savoir à qui on à affaire, on finira par tous aller voir la belle-mère.

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