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jeudi 29 mai 2008

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Les partiels, c'est un peu la descente aux enfers. Comme s'il ne suffisait pas de jouer son semestre, et même son année sur 4 petits examens de 2 ou 3 heures, les partiels, ça signifie aussi revenir sur son lieu d'étude, au temple de la connaissance, bref, à Science po. On peut le dire avec plus ou moins de tact, mais ce qui est certain, c'est que lorsqu'on travaille depuis un mois pour avoir son année, que l'on dort mal car on est stressé même la tête au fond de l'oreiller, qu'on doit se concentrer pour faire ressortir toute cette science qui nous vaut le statut d'élite de la nation, et bien tout simplement, on n'a pas du tout envie de revoir toutes ces têtes de cons qui ne nous avaient pas manquées pendant les révisions. Ajouté à la réalisation soudaine que non, on est pas encore en vacances alors qu'on s'y croyait, et c'est très certainement la pire période de l'année.

Alors en fait, en période de partiels, on a tendance à lâcher tout ce qui ressemble de près ou de loin à des pincettes sociales. On ne prend pas la peine de répondre à ceux que l'on ne peut plus blairer, ni de sortir encore des "bonjours, comment ça va?" qui sont un calvaire. On se fait chier, tout le monde se fait chier, bref, c'est pas le moment de venir chatouiller l'Ours avec du miel avarié.

Cependant, les partiels ont aussi un bon côté. Premièrement, ils permettent de revoir ceux qui échappent à la mention "tête de con", et ça, ça fait plutôt plaisir. Ensuite, ils occasionnent des moments de fou-rire intense, de nerfs qui lâchent, et de complicité accrue. On est tous là pour la même chose, alors autant en rire. Et puis surtout, ce qu'on aime dans les partiels, c'est leur fin. Surtout quand celle-ci est synonyme de soirée au bord des quais et de beuverie copieuse.

Mais le plus drôle dans tout ça, c'est d'observer les gens en plein partiel. On se fait vite à l'odeur de neurones grillées, car oui, réfléchir beaucoup ça sent, et pas forcément très bon, mais on s'habitue beaucoup moins aux têtes des gens en pleine réflexion. On pourrait même s'amuser à les classer. Les ticqueux, qui répètent tout le temps le même mouvement qui à se démettre le cou où la mâchoire, et surtout à être ridicule. Les mélancoliques, qui font de grandes pauses, la main sous le menton, le regard perdu au loin, dans le vide, vers des cieux plus cléments. Les bonasses, qui n'oublient pas de rester hyper-cambrées même si elles se démettent le dos pendant les 4 heures de l'épreuve d'histoire. Et surtout, surtout, les terroirs, qui réfléchissent tant qu'ils en oublient que se gratter le nez, même en partiel, n'est pas très élégant, et j'en resterai au nez par soucis de pudeur. Pour ma part, je pense que je me classerait dans les ticqueux, avec une forte tendance au hairflip (voir Chris Crocker).

Il est bon de savoir que l'univers finit toujours par retrouver son équilibre naturel : les vacances sont là, plus de cours ni de partiels, seulement la douce certitude que les 3 mois qui s'annoncent vont permettre d'oublier tout ce qui a été apprit durant les 9 derniers.