
Aldous Huxley est un auteur britannique de la première moitié du XIXe siècle. Non seulement connu pour avoir écris "Les portes de la perception", racontant un trip de plusieurs heures sous mescaline avec masse de description et d'explications quant à la préparation de la "dose", il est aussi et surtout célèbre pour avoir écris "Brave New World", une véritable dystopie dans laquelle une société très proche de la notre est passée maître de sa destinée par le contrôle des naissances. Les naissances sont donc programmées suivant des classes portant le nom des lettres grecques, alpha, beta, gamma delta etc...
Prenons un exemple : les aphas. Ils sont tous grands, blonds aux yeux bleus et blancs, très cultivés et d'une intelligence redoutable. Les betas apparaissent comme leurs homologues à la peau noire. Quant aux lettres de fin de l'alphabet grec, ils sont les ramasseurs d'ordure, avec une conscience mais sans raison, et un intellect aussi grand qu'un tube de colgate. Evidemment la portée raciste et stigmatisante est voulue puisque l'on est dans le contraire d'une utopie.
Maintenant, bien loin de moi l'idée d'appliquer cette classification à notre société, mais j'admet que je la reprend en un point. Implicitement, je conçois l'existence d'une sorte de classe alpha. La couleur de leur peau ou leur intellect n'est pas la caractéristique qui les classe en tant que tel mais plutôt quelque chose qui se rattacherai au fait d'être "une personne bien".
Je crois qu'on en a tous dans notre entourage. Des personnes qui nous font regretter d'être si méchant, prompt au jugement, railleur, critiqueur, moqueur, et j'en passe. Je ne parle pas ici de ceux qui ont cru bon de garder un Jiminy criquet imaginaire au XXIe siècle. Les coincés à fausse conscience ont tendance à m'énerver. Il est clairement facile de s'interdire d'être méchant, mais si l'on se l'autorise, il est beaucoup plus difficile de supprimer l'envie de méchanceté. C'est bien pour ça que tous les criquets finissent bouffés par des baleines : finalement, ils ne remuent que du vent.
Cependant, il existe des individus qui soit font preuve d'une bonté extrême, soit d'une force de caractère incroyable, soit d'une intégrité et d'un dévouement à toute épreuve. Et sans s'en rendre compte, au fil du temps, on finit par admirer ses personnes que l'on côtoie tous les jours. Il serait plus simple de les détester et de se dire qu'au fond, comme nous, ce sont sûrement des menteurs, des tricheurs, de gros cons, quoi. Et pourtant non, impossible, on reste juste béas. Pas pour le fait qu'ils nous renvoient encore plus notre imperfection, mais plutôt pour ce qu'ils sont comme ça de nature. Au final, on aimerait être comme eux un temps, et puis on finit se dire que non, parce qu'on aurait la flemme. C'est sur, avoir ce genre de qualités qui élèvent un peu le genre humain, ce doit être fatiguant.
Il a des gens qui parviennent à s'imposer une discipline fixe et s'y tenir, avec des valeurs, des points de vue qu'ils défendent parce qu'ils y croient. Et le pire, c'est que parfois, il n'y a même pas un surplus d'égo pour venir pourrir le tableau, non, ils sont sincères, ils n'essaient pas de se faire mousser. On admire. Il y a des gens dévoués, qui feront toujours passer les personnes qui importent avant eux, quitte à remplir la moitié de leur emplois du temps de tâches qui, au premier abord, ne leur apportent pas grand chose. Et dans un monde où le "je suis content de voir que tu es simplement content" apparaît si con, l'existence de ce genre de personne est plutôt incroyable. On admire. Il y a des gens qui sont intègres, qui ne se trahissent pas, même quand la tentation est grande. Vous savez, on l'a tous vu ce film à petit budget de Disney où une adolescence (toujours blanche et mignonne) laisse tomber sa pote (black et grosse) pour rejoindre les filles branchées. Ca, ce n'est pas de l'intégrité, et si l'on réfléchis, on se rend compte que l'on passe sûrement plus de temps à se trahir soit même qu'à trahir les autres. Bref, pour ceux qui ne font pas ça, on admire.
Au fond, si, ils finissent par être énervant, tous ceux qui nous font tomber de notre petite stabilité d'occidental qui nous dit que nous ne sommes pas une mauvaise personne. Ben oui, nous n'avons pas tué, pas volé beaucoup, pas violé, pas pédophilé, pas zoophilé (enfin pour la plupart), pas volé l'eau et la bouffe des Africains, pas exploité d'enfants Chinois, pas mis le Sida dans le sang des pédés. Alors qu'est-ce qui leur permet de se ramener avec leur gueule ultra-perfection et de nous rendre si mal à l'aise? Tout simplement le fantasme d'un idéal humain qui nous pousse à reconnaître en ces personnes là un trait d'évolution, d'amélioration pour la société. Si on pousse le vice, et c'est le cas de le dire, jusqu'au bout, on peut envisager qu'en fait, ils nous déstabilisent car ils nous donnent l'impression d'être obsolètes, déjà passés, alors qu'ils représenteraient un futur meilleur, et donc ancré dans nos crânes à grand coup d'utopie et de générations à venir (merci la société). Enfin heureusement, ils sont loin d'être légion.
Mais l'important, c'est que comme nous, ils font caca.
Toute ressemblance avec des personnes réelles n'est pas fortuite.
Pression artérielle (vous comprendrez)
vendredi 16 mai 2008
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