She ain't got no shoes

mardi 20 mai 2008

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La mixité sociale est une chose incroyable. Son inventeur, bigrement doué au passage, à très certainement révolutionné les rapports humains, à l'époque. C'est vrai, on aurait pu rester entre riches nobles, riches actionnaires, riches héritiers, riches acteurs, riches chanteurs et j'en passe, mais non, la mixité sociale à fait son apparition. Et là, les riches se sont soudainement mélangés. Incroyable. Puis petit à petit, l'idéal ouvrier s'est effacé et les classes moyennes, la grande invention du XXe siècle, se sont jetées dans la mêlée. Et c'est ainsi que des fils de commerçants, d'artisans, d'industriels formant une sphère bourgeoise locale on pu s'en donner à coeur joie, imiter les riches, et parfois même les côtoyer. Evidemment, les pauvres sont restés en dehors de la mêlée, mais, eh, quoi dire, ils sont pauvres!

Dans le milieu étudiant, niveau mixité sociale, mon expérience personnelle tendrait à comparer la réussite du gouvernement à la dernière prestation publique de Mireille Mathieu, pour le couronnement de Sarkozy. Autant vous dire que ça n'est pas du joli. Mais bon, quand on est à science po, on peut pas non plus demander que "l'élite de la nation" soit constituée de fils d'ouvriers. Tout le monde en est conscient et vit très bien avec, c'est la dure réalité de l'IEP. Cependant, la sphère étudiante, celle dans laquelle tout étudiant pourvu de vie sociale baigne, elle, est plutôt mixte. En terme de classe sociale premièrement, mais aussi en terme d'orientation d'études. Cette sphère, ce sont les personnes qu'on rencontre lors de soirées, les amis d'amis qu'on nous présente, ceux qu'on accoste complètement bourré dans la rue ou encore des gens que l'on rencontre par intérêts communs pour telle ou telle cause.

Et il faut le dire, tout ce mélange, c'est le pied. Les soirées bigarrées promettent toujours de bons moments. C'est ainsi que hier soir, je me suis retrouvé avec cinq étudiants en Art, un ingénieur de l'INSA, une ex-étudiante en école d'infirmière basculée dans le stylisme, deux étudiants en musicologie, un en BTS managment production artistique, une étudiante en mode, une étudiante en puériculture et un science-po qui n'est autre que moi-même. Le début de la soirée est très largement squatté par les étudiants en Art, ainsi que la conversation autour de la table, ce qui ne manque pas de la rendre incompréhensible pour moi et mon ami BTS (c'est ainsi qu'il sera nommé). Arrive le moment fatidique où l'on me demande ce que je fais, suivi d'un grand silence. Et moi de lâcher : Science po à Lyon. Entre ébahissement, rires cyniques et incompréhension, j'ai vite compris que pour des étudiants en Art, c'était un peu synonyme de purgatoire, quasiment d'enfer. Cependant, cela n'empêche personne de s'intéresser à ce que fait l'autre, et la conversation continue joyeusement.

Arrivent mon ingénieur et les étudiants en mode et musicologie. Une partie des étudiants en Art s'en va, car ils ont tous un concours demain. On reste entre intimes, bien rodés à l'appartement de Mr. BTS. Une amie doit finir son dossier pour le concours du lendemain, et commence donc à assembler ses créations pour les présenter au jury. Tout le monde la regarde du coin de l'oeil en essayant de rationaliser et de trouver le pourquoi de tel ou tel collage. Puis la fièvre en prend deux trois, et ils partent dessiner pendant plus d'une heure.

C'est le genre de choses qu'apporte la mixité. Des conversations parfois incompréhensibles mais toujours enrichissantes, et des situations inhabituelles et sympathiques. On se rend finalement compte, et pourtant je n'échangerai mes soirées science po pour rien au monde, que nos études ont une influence gigantesque sur notre personnalité et nos sujets de discussions. Rien que notre façon d'aborder une question en est changée.

Et même si les blagues inter-école sont pour certaines très drôles, mais globalement incompréhensible pour beaucoup de gens, relativiser un peu n'est jamais un mal, et rencontrer de nouvelles personnes non plus. On peut aussi partager des ragots et des rumeurs sur des communautés que l'on ne côtoie pas. En parlant de ça, il paraît que dans les soirées médecine ça bite dans tous les coins.

1 commentaires:

Anonyme a dit…

Il paraitrait aussi (m'a dit un soir une normalienne)que les Iepiens ne savent faire que des plans en deux parties...La loose !!