Strange world we live in.

vendredi 9 mai 2008

Ca fait bientôt dix ans qu'on nous rabâche sans cesse que tout va trop vite. On aurait pu penser que certains se seraient habitués à la vitesse, ajouté une seconde ceinture ou fait implanter des airbags, mais les gens restes inchangés, et les vieilles rengaines font de même. On finit toujours par subir la chanson séculaire que ressassent ceux qui se sont fait distancer sans l'accepter.

C'est sur, tout à changé. Par exemple, aujourd'hui, on peut se rencontrer sur internet, sélectionner les critères qui vont nous amener les uns vers les autres, juger à la simple vue de la photo d'une personne et de sa description. Nous le faisons, soit, et nous aurions tord de nous en priver. Ce n'est pas constitutif d'une relation, c'est juste un moyen. Si le médium est le message, l'utilisation d'internet c'est le message du choix, de la prise en main. Pas d'un changement brutal, pas d'une détérioration des relations humaines. Nous trouvons, rencontrons, oublions beaucoup plus vite qu'avant, mais nous avons aussi le choix de connaître une multitude de gens de tous horizons. Et d'autres termes : nous sommes sortis de nos campagnes, après être sortis de nos grottes. Dépassées les fêtes de village où l'on connaîtra seulement les gars et filles du coin, avec lesquels on a plus de 80% de chances d'avoir de la consanguinité.

Les lettres enflammées sont à présent des mails, les billets doux des textos, les clins d'oeil échaudés des pokes sur Facebook, et quant aux messages explicites, ils restent explicites. On peut connaître les goûts, les habitudes, et jusqu'à la bibliothèque musicale de la personne concernée. Cependant, comme avant, on se rencontre. Comme avant, on discute, on échange, on se jauge et on se cerne. Nous utilisons toujours l'humour pour séduire, et on a toujours des regards en biais, volés, cachés, dérobés. Rien ne remplace le visu, et rien ne remplace le sexe non plus. On vit toujours un réel. Sauf que lorsqu'on est timide, aujourd'hui, on a l'opportunité de pouvoir être proche de l'autre par un réseau. On aurait tord de s'y enfermer, mais on aurait aussi tord ne pas chercher à surmonter nos archaïsmes.

On ne peux pas demander aux vieux grincheux de comprendre qu'il peut y avoir une romance derrière tout ça, que la réalité aujourd'hui s'étale sur plus de niveaux qu'elle ne le faisait pour eux. Ils ne comprendraient pas un ado de 15 ans, pressé de rentrer chez lui parler à son bon ami, souriant devant un mail langoureux, dans les nuages devant un pseudo msn. Il est souvent plus facile de réduire la chose à son plus simple et matériel aspect : une machine, que d'accepter qu'un monde entier fourmille derrière, monde qui apparement n'a pas eu la décence de nous prendre au passage.

Il y a juste à espérer, que nous, les geeks, les no-life, les surconnectés, nous montrerons beau joueur lorsque notre tour viendra de lâcher les rennes de la modernité, sans pour autant se priver du plaisir de repenser à nos modems 24k, à l'Irc et au bon vieux 2.0.


Fumuj - We live in

0 commentaires: