Etre inoccupé, pleinement inoccupé, au sens de la plus profonde et intense glandouille, peut être un réel bonheur. Cependant, comme tout bonheur, il souffre des conditions sans lesquelles il n'a pas lieu d'être.
Tout d'abord, la lascivité aiguë demande une ville, plutôt grande, animée, belle, grouillante de personnes et de lieux à découvrir. Nous prendrons, au hasard, Lyon, bien que Dunkerque ait été sérieusement étudiée. La ville, c'est un sac aux merveilles d'occupations en tout genre. Occupations pour les papilles, pour les yeux, bref, il y a des centaines de façons de profiter de la ville. De la promenade au pique-nique, du shopping aux expos, de rencontres en rencontre, le temps file déjà bien plus vite. Et la vitesse à laquelle passe le temps en pleine période de glande est primordiale. La ville à l'avantage considérable d'être toujours surprenante. Une action de rue, un petit festival, une animation quelconque et on se retrouve à dix milles lieues de ce que l'on pensait faire originellement.
Le summum de la glande demande des amis. Présents, à l'écoute, avec leurs expériences et leurs récits, mais surtout, eux aussi en période de glande. Puisque lorsque la ville est vide de nouveauté, et cela arrive parfois, une ville n'étant pas infaillible, il faut se dégoter une occupation coûte que coûte. Et là, l'ami est une véritable crème. Premièrement, l'ami est plusieurs. Si l'un est défaillant, un autre le remplace. Il faut donc tenter d'avoir des amis aux performances comparables dans plusieurs domaines : endurance, intérêt, humour, culture, comportement, histoire de ne pas toujours privilégier les meilleurs, et, au final, des les épuiser. Chacun connaît les ravages du manque d'amis, alors autant en prendre soin, puisqu'ils sont une ressource inépuisable de nouveauté, d'occupation, de rire et de stimulation en tout genre. Ensuite, l'ami est modulable, il s'adapte aux situations, il n'est pas utilisable que dans certaines occasions précises. Il peut supporter la chaleur, la pluie, l'ennui, et la douleur du moment que sa cause n'entraîne pas la mort ou un état d'inutilité semblable. Pour finir, l'ami est un temple de ressources, puisque, aussi étonnant que cela paraisse, il possède une vie propre et une individualité. Il a donc ses propres amis, pouvant devenir aussi des amis, ses rencontres, ses anecdotes, ses super groupes de musique, ses conseils de films, etc etc...
Pour finir, des éléments bassement matériels sont nécessaire. Tout d'abord, une bonne réserve constituée d'alcool et autres drogues douces, afin de faire passer les heures plus vite et de façon plus comique. Ensuite, des jeux de société, livres, entre moult activités artistiques ou intellectuelle, histoire que glandouille ne soit pas synonyme d'apathie. Conserver sous le coude des albums et des films à visionner et écouter, des magazines à feuilleter, et pourquoi pas divers projets qui vous prendront avec délice un peu de temps.
Et si jamais vous ne savez pas vraiment quoi faire de votre temps de glandouille, il vous reste toujours la possibilité de choisir un sujet au hasard et d'écrire dessus.
Toute ressemblance avec des personnes réelles n'est pas fortuite.
Le zero abyssal
jeudi 5 juin 2008
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