High Contrast - Kiss Kiss Bang Bang

lundi 9 juin 2008



Threesome.

Nous nous imaginons, pour beaucoup d'entre nous, arriver à 30 ans avec un boulot plutôt sympa, une gueule de jeune premier(e), un appart' agréable, des voyages plein les poches, et quelqu'un qui partage notre vie. A ce stade là, je pense qu'il est à peu près facile de comprendre les choses. L'appartement et le boulot pour combler la peur de l'échec social, les voyages pour effacer la peur de l'ennui, la gueule de premier pour repousser au loin le botox, et quelqu'un pour combler la peur de la solitude, et surtout celle de ne trouver "personne". Mais cette personne, on a une curieuse façon de l'imaginer toujours présente, à côté de nous, disposée, aimante. En clair, on désire tous un meuble plutôt canon dans notre appartement sympa, qui puisse accessoirement passer pour un mec en soirée.

En fait, on aurait tous une sorte d'alarme. Il faut le/la rencontrer avant un tel âge, sinon on est foutus. Ce schéma est clairement inscrit, et on se figure tous qu'à un certain âge, qu'on imagine le plus lointain possible alors qu'il va se pointer à une vitesse folle, on aura derrière nous tout un tas de choses qui relégueront cette peur irrationnelle de l'échec au placard. Plus besoin de se soucier de la carrière, de l'argent, du logement, de l'amour, bref, une sorte d'eden où il nous resterait juste à tester les nouveaux produits sur le marché. Le problème, c'est que pour la plupart d'entre nous, cette âge pas si lointain va se pointer et l'alarme nous mettra une grosse claque. L'emploi génial sera sûrement un emploi jeune ou un quelconque équivalent précaire, l'appart' un petit 30m2 qui peut s'en sortir en ayant du charme, les voyages des gouffres financiers, et LA personne, celle qui nous complétera enfin, chassera la solitude, aura autant de chance d'exister que Casimir. Du moins, en chair et en os.

De toute évidence, en tant que génération issue d'une génération, nous sommes forcément des personnes dépassées, puisqu'éduquées avec des perspectives qui ne collent pas avec la réalité qui malheureusement est toujours actuelle. A nous de remuer nos fesses obsolètes pour essayer de se remettre au goût du jour. Et le goût du jour, lui, sans pour autant dire que la personne immuable faisant partie des meubles n'existe pas, à une sérieuse tendance à remettre le couple en question. Quelle vision du couple garde-t-on aujourd'hui? Quelle vision doit on garder, surtout? Il serait idiot de croire qu'un couple comme on l'entendait il y a 50 ans puisse subsister aujourd'hui. Et sur tout de croire qu'à cette époque, la vertu était partout. Non, on restait ensemble de peur d'être lapidé, et on était fidèle parce-que les seules personnes libres venaient d'être lapidées. Pas très alléchant.

On a l'impression que le XXIe siècle nous à amené sur un plateau le couple libéré. Mais quoi, est-il vraiment possible? Ne va-t-on pas finir comme nos parents, sclérosés dans une relation unique? Sans partir sur l'étude de la nature humaine, cette option paraît difficile à suivre. Et d'autant plus aujourd'hui, où l'on peut être partout, avec tout le monde, rien ne nous oblige à respecter des règles quelconques. Cela dit, on voudrait bien pouvoir adhérer à cette logique, mais non, dans un coin de nos têtes, y'a toujours cette connasse de Cendrillon et sa ceinture de chasteté qui nous font la morale. Pas si facile de faire passer des fesses obsolètes dans la modernité. Mais d'un autre côté, qui a envie d'arriver à 50 ans, et de se rendre compte qu'il n'a dans ses souvenirs que des amours classiques, des relations claires, des expériences normées?

L'avantage, c'est d'avoir dépassé, du moins je l'espère, la frontière salope / prude. Aujourd'hui, on conçoit qu'une relation libre ne soit pas qu'une relation de sexe. Fini les catins dont le seul tord était de vouloir vivre des choses un peu plus intenses que ce que la société leur prescrivait pour calmer leurs névroses. Si on a amené l'individualisme si loin, c'est avant tout pour être libres. Non pas pour se retrouver vieux, seuls, sans amour ni famille, mais surtout pour apprendre à posséder différemment. Puisque les schémas ne sont que des schémas, on aurait tord de ne pas en changer.

Le zero abyssal

jeudi 5 juin 2008

Etre inoccupé, pleinement inoccupé, au sens de la plus profonde et intense glandouille, peut être un réel bonheur. Cependant, comme tout bonheur, il souffre des conditions sans lesquelles il n'a pas lieu d'être.

Tout d'abord, la lascivité aiguë demande une ville, plutôt grande, animée, belle, grouillante de personnes et de lieux à découvrir. Nous prendrons, au hasard, Lyon, bien que Dunkerque ait été sérieusement étudiée. La ville, c'est un sac aux merveilles d'occupations en tout genre. Occupations pour les papilles, pour les yeux, bref, il y a des centaines de façons de profiter de la ville. De la promenade au pique-nique, du shopping aux expos, de rencontres en rencontre, le temps file déjà bien plus vite. Et la vitesse à laquelle passe le temps en pleine période de glande est primordiale. La ville à l'avantage considérable d'être toujours surprenante. Une action de rue, un petit festival, une animation quelconque et on se retrouve à dix milles lieues de ce que l'on pensait faire originellement.

Le summum de la glande demande des amis. Présents, à l'écoute, avec leurs expériences et leurs récits, mais surtout, eux aussi en période de glande. Puisque lorsque la ville est vide de nouveauté, et cela arrive parfois, une ville n'étant pas infaillible, il faut se dégoter une occupation coûte que coûte. Et là, l'ami est une véritable crème. Premièrement, l'ami est plusieurs. Si l'un est défaillant, un autre le remplace. Il faut donc tenter d'avoir des amis aux performances comparables dans plusieurs domaines : endurance, intérêt, humour, culture, comportement, histoire de ne pas toujours privilégier les meilleurs, et, au final, des les épuiser. Chacun connaît les ravages du manque d'amis, alors autant en prendre soin, puisqu'ils sont une ressource inépuisable de nouveauté, d'occupation, de rire et de stimulation en tout genre. Ensuite, l'ami est modulable, il s'adapte aux situations, il n'est pas utilisable que dans certaines occasions précises. Il peut supporter la chaleur, la pluie, l'ennui, et la douleur du moment que sa cause n'entraîne pas la mort ou un état d'inutilité semblable. Pour finir, l'ami est un temple de ressources, puisque, aussi étonnant que cela paraisse, il possède une vie propre et une individualité. Il a donc ses propres amis, pouvant devenir aussi des amis, ses rencontres, ses anecdotes, ses super groupes de musique, ses conseils de films, etc etc...

Pour finir, des éléments bassement matériels sont nécessaire. Tout d'abord, une bonne réserve constituée d'alcool et autres drogues douces, afin de faire passer les heures plus vite et de façon plus comique. Ensuite, des jeux de société, livres, entre moult activités artistiques ou intellectuelle, histoire que glandouille ne soit pas synonyme d'apathie. Conserver sous le coude des albums et des films à visionner et écouter, des magazines à feuilleter, et pourquoi pas divers projets qui vous prendront avec délice un peu de temps.

Et si jamais vous ne savez pas vraiment quoi faire de votre temps de glandouille, il vous reste toujours la possibilité de choisir un sujet au hasard et d'écrire dessus.

Will Pearson

lundi 2 juin 2008

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Je vous propose d'aller faire un tour sur le site du photographe britannique Will Pearson. Ses photos panoramiques et ses "perspectives alternatives" sont excellente. A ne pas manquer : la suite de panoramas de Londres qui est magnifique.

http://www.willpearson.co.uk/